Le conflit Chine-USA menace les marchés du "chaos", dit Pékin

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La Chine " est prête à tolérer une nouvelle dépréciation du yuan face à l'escalade des tensions commerciales avec les États-Unis", souligne l'économiste Bo Zhuang, au cabinet d'études TS Lombard.

La chute de la devise chinoise, qui alimente les spéculations sur un geste délibéré de Pékin pour soutenir ses exportations en pleine guerre commerciale avec l'Amérique de Donald Trump, entraînait dans sa chute le reste des marchés financiers. En clair, une baisse de la monnaie chinoise favorise les exportations de ce pays et diminuerait les conséquences de l'augmentation des droits de douane américains sur les produits chinois.

A son plus bas de lundi, le yuan perdait 2,7% face au dollar par rapport à son niveau de la semaine dernière avant l'annonce par Donald Trump, le président américain, de sa décision d'imposer le 1er septembre des droits de douane de 10% sur les 300 milliards de dollars (268 milliards d'euros) de produits chinois importés aux Etats-Unis qui ne sont pas encore taxés.

"La Chine a l'intention de continuer à toucher des milliards de dollars pris aux États-Unis grâce aux pratiques commerciales déloyales et à la manipulation de la monnaie", a encore ajouté le président.

D'autres analystes font remarquer que même une forte dépréciation du yuan ne permettrait pas de compenser totalement l'impact des douanes. Pékin cherche pourtant depuis 2015 à stabiliser la valeur de sa monnaie pour protéger ses réserves de changes et empêcher des sorties importantes de capitaux.Le patron de la Banque centrale chinoise avait assuré en mars qu'il ne se servirait "jamais " du taux de change "comme outil " dans la guerre commerciale.

La Chine s'est défendue de toute dévaluation compétitive du yuan.

"La plupart des gens ne pensaient pas que les Chinois utiliseraient l'arme de la monnaie et ils l'ont utilisée, chirurgicalement", analyse Stephen Roach, chercheur à l'université Yale, cité par l'agence Bloomberg, à propos de la baisse du yuan.

Selon les derniers contrats sur futures, le Dow Jones est attendu en hausse de 0,27% à 25788 points, le S&P 500 à 2854 points en progression de 0,32%, le Nasdaq à 7448 points à +0,42%, et le Russell 2000 à 1493 points en hausse de 0,32%.

Les tensions entre les États-Unis et la Chine sont encore montées d'un cran, lundi 5 août. Pour Jack Ablin analyse chez le conseil financier américain Cresset Wealth Advisors: "Ce recul témoigne du fait qu'un accord commercial au cours du prochain trimestre n'est sans doute pas à l'ordre du jour".

Ce matin, les bourses européennes sont parvenues à récupérer une partie de leurs pertes avec les mesures de la PBOC. Une annonce qui a un peu plus fait sombrer les indices. "Le risque est que les Etats-Unis soient tentés de déprécier leur devise, d'autant plus que Donald Trump réclame cela depuis des mois à la Fed, la banque centrale américaine", explique Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG (Institut d'économie scientifique et de gestion) interviewé le 5 août par Le Figaro.

Le seuil symbolique des 7 yuans n'avait pas été franchi depuis 9 ans. "Ce serait une mauvaise nouvelle pour la Banque centrale européenne [BCE]".

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