Golfe/pétrole: Washington incapable de bâtir une coalition selon l'Iran

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Cette annonce intervient peu après que le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, eut estimé lundi que les États-Unis agissaient seuls contre l'Iran et que leurs alliés avaient "honte" de les rejoindre dans une coalition pour accompagner les pétroliers dans le Golfe. "Les pays qui sont leurs amis ont trop honte d'être dans une coalition avec eux", a dit M. Zarif lors d'une conférence de presse à Téhéran.

La région stratégique du Golfe par où transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime selon l'Agence américaine d'information sur l'Energie, est au coeur des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran, deux pays ennemis qui n'ont pas de relations diplomatiques depuis 1980. Avant de s'associer à Washington, Londres avait dit en juillet vouloir mettre en place une mission de protection avec les Européens, en réponse à l'arraisonnement par l'Iran d'un pétrolier battant pavillon britannique dans le détroit d'Ormuz.

Dans un article publié vendredi, le magazine New Yorker a rapporté que le sénateur américain Rand Paul avait joué, avec la bénédiction du président Trump, le rôle d'intermédiaire auprès de M. Zarif pour l'inviter à la Maison Blanche. "On m'a dit à New York que je serai la cible de sanctions dans deux semaines si je n'accepte pas cette offre qu'heureusement je n'ai pas acceptée".

Dans un discours diffusé à la télévision iranienne, le président de la République islamique a affirmé que si les États-Unis veulent négocier, ils doivent lever toutes les sanctions imposées à l'Iran.

Des responsables iraniens ont confirmé dimanche ces informations.

" Pour un gouvernement qui se dit toujours (en faveur) de négociations, et qui ensuite sanctionne le ministre des Affaires étrangères (...), si ce n'est pas ridicule, alors qu'est-ce?"

" Imposer des sanctions à l'honorable ministre des Affaires étrangères de l'Iran après le rejet de la proposition de Trump de discussions directes montrent que le train de la +pression maximale+ s'est arrêté en +gare de l'échec+, a affirmé M. Shamkhani, en référence à la campagne de pression lancée par Washington contre l'Iran". "Nous restons engagés à œuvrer avec l'Iran et nos partenaires internationaux pour désamorcer la situation et maintenir l'accord nucléaire", a-t-il insisté. "Mais il n'a pas fermé complètement la porte".

Il a aussi dit ne pas croire que M. Trump déclencherait une guerre avec l'Iran, à moins selon lui que les faucons autour de lui ne le convainquent autrement. Comme faucons, le ministre iranien a cité John Bolton, son conseiller à la sécurité nationale, et son allié, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

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