LREM : une permanence taguée à Paris, une autre murée à Toulouse

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Toujours jeudi soir, la FDSEA 31 a déversé plusieurs tonnes de fumier devant la permanence de Monique Iborra, également députée de Haute-Garonne, ainsi que devant la préfecture, à Toulouse.

Ils souhaitent condamner les parlementaires ayant voté en faveur de ratification au traité de libre-échange entre l'Europe et le Canada (Ceta). "On est juste venu lui dire que si elle est sourde à nos appels, on ne voit pas l'intérêt à ce qu'elle continue à être députée", a affirmé Christian Mazas, président de la FDSEA 31.

La Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles avait convié lundi les dix députés de Haute-Garonne (en majorité LRM) pour une discussion autour du traité controversé, récemment ratifié à l'Assemblée nationale.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, ce ne sont pas moins de 20 tonnes de fumier qui ont été déposées devant le bureau de la députée Monique Iborra à Tournefeuille.

Après la permanence du délégué général de LREM Stanislas Guerini taguée dans la nuit de mercredi à jeudi, celle de la députée LREM de Haute-Garonne Corinne Vignon à Toulouse a été murée par des agriculteurs jeudi soir.

Selon les agriculteurs, un appel avait été lancé en début de semaine pour un débat sur le Ceta: " Aucun n'est venu, alors à notre tour d'aller vers eux " a raconté Christian Mazas sur Europe 1.

" Cette députée, comme d'autres, a voté pour le Ceta, alors qu'il y a quelques mois, lors des Etats généraux de l'alimentation [la loi Egalim], ce sont les mêmes qui ont voté pour que la France élève son niveau de production, et que les agriculteurs français aient des normes à respecter plus exigeantes que dans d'autres pays", a-t-il déploré.

Une quinzaine de permanences de députés ou de locaux du parti ont été murées, taguées ou vandalisées ces derniers jours, suscitant une condamnation de l'ensemble de la classe politique. "CETA vomir", "LREMERDE" ou encore "ACAB" ("All cops are bastards") ont été bombés à la peinture noire sur la façade des bâtiments.

Samedi, à Perpignan, des manifestants, dont certains cagoulés, avaient brisé toutes les vitres de la permanence où se trouvait le député de la majorité Romain Grau et tenté d'y mettre le feu.

Le CETA, qui supprime notamment les droits de douane sur 98 % des produits échangés entre les deux zones, est vivement critiqué en France par les agriculteurs et des ONG. Ils dénoncent notamment "les risques sanitaires" liés à l'adoption de ce traité.

"On soupçonne aussi que les céréales qui vont arriver en France soient séchées avec du glyphosate".

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