Le gouvernement remet la main sur la province du Cachemire — Inde

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"La décision unilatérale du gouvernement indien d'abolir l'article 370 est illégale et inconstitutionnelle et fera de l'Inde une force d'occupation au Jammu-et-Cachemire", a tweeté Mehbooba Mufti, ancienne chef de l'exécutif dans la région. Depuis lundi matin, cette région du nord de l'Inde s'est vue révoquer son autonomie constitutionnelle, selon un décret présidentiel qui abolit son statut spécial et en fait un simple "territoire de l'Union". Ce dernier a été présenté devant le Parlement par le ministre de l'Intérieur Amit Shah sous les vivats des députés de la majorité et une bronca de ceux de l'opposition qui craignent que la décision n'exacerbe les tensions entre les hindous et les musulmans au Cachemire. Le décret présidentiel émis lundi 5 août et qui "entre en vigueur immédiatement, et remplace aussitôt " cet article de la Constitution, change la donne. Le gouvernement central indien de New Delhi ne pouvait y légiférer qu'en matière de défense, d'affaires étrangères et de communications. Les autres textes législatifs se voient votés une deuxième fois par le Parlement du Cachemire. Et même le code pénal est différent dans cette région.

Les politiciens du parti au pouvoir, le BJP, de M. Modi, affirment que le statut spécial du Cachemire a rendu difficile l'intégration de la région au reste du pays et a donc freiné le développement.

L'Inde et le Pakistan, deux puissances nucléaires, occupent chacun une partie de ce territoire frontalier de la Chine et ne sont jamais parvenus à un accord de paix.

Le Ladakh, région dans l'est du Jammu-et-Cachemire, deviendrait également un " territoire de l'Union ", mais sans législature. Les rassemblements étaient interdits et les communications totalement coupées lundi dans la vallée de Srinagar, où seuls les militaires et paramilitaires déployés en nombre pouvaient être dans la rue. Les autorités indiennes avaient également assigné à résidence des responsables politiques locaux. L'État disputé du Cachemire est aussi coupé du monde extérieur puisqu'internet et les réseaux de télécommunications ont été coupés.

Pour tenter d'éviter les réactions violentes de la population sur place, le gouvernement Modi avait ordonné dès vendredi 2 août l'évacuation des touristes et l'interruption du traditionnel pèlerinage de la saison, l'Amarnath Yatra, soulevant "panique et confusion".

Avec cette annonce, il y a un risque de déflagration régional.

L'avis a été émis après que plus de 50 ressortissants chinois travaillant à la construction d'un barrage au Cachemire pakistanais ont été évacués mardi suite à des bombardements venant d'Inde.

Le niveau d'alerte est particulièrement haut entre l'Inde et le Pakistan.

Côté pakistanais, les autorités appellent donc les habitants du Cachemire à la vigilance.

"Partie prenante de ce contentieux international, le Pakistan emploiera tous les moyens possibles pour contrer cette démarche illégale", a-t-il ajouté.

Dimanche déjà, une réunion du comité de sécurité nationale pakistanais était consacrée à la situation dans la région. New Delhi accuse son voisin de soutenir des groupes rebelles, ce que le Pakistan a toujours démenti. Des échanges de tirs d'artillerie ont régulièrement lieu à la frontière.

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