18 400 procédures contre Bayer et le glyphosate — États-Unis

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Sauf que la multitude de requêtes qui se sont abattues récemment sur la nouvelle organisation rend cette association de plus en plus difficile.

Le nombre de 5000 procédures supplémentaires dévoilé mardi par Bayer par rapport aux 13 400 procédures recensées fin avril confirme le gonflement de la menace judiciaire alors que le groupe a déjà essuyé trois condamnations à indemniser un ancien jardinier, un retraité et un couple atteints d'un cancer. Ainsi, alors que Bayer était condamné à verser 289 millions de dollars, l'examen d'un second juge a réduit le montant à 78 millions pour une première affaire, à 25 millions contre 80 pour la seconde et à 69,3 millions contre plus de 2 milliards de dollars pour la troisième.

Mais Bayer compte faire appel et conteste le principe même de sa responsabilité, martelant depuis des mois qu'aucun régulateur dans le monde n'a conclu à la dangerosité du glyphosate depuis sa mise sur le marché au milieu des années 1970.

Depuis le rachat à l'été 2018 de Monsanto par Bayer, les problèmes s'enchaînent pour le groupe allemand. Ce dernier a toutefois été classé comme " cancérigène probable " en 2015. Bayer a acquis Monsanto, et son Roundup, l'an dernier pour 63 milliards d'euros.

Cité mardi par l'agence allemande DPA, Markus Mayer de Baader Bank penche plutôt pour un accord compris dans une fourchette de 15 à 20 milliards d'euros. D'autres analystes voient Bayer persister dans une longue et coûteuse bataille judiciaire jusqu'à la Cour Suprême.

L'inventeur allemand de l'aspirine a réalisé l'an dernier la plus grande acquisition de son histoire en avalant Monsanto, misant sur le recours croissant à la chimie pour nourrir une planète toujours plus peuplée et perturbée par le réchauffement climatique.

Mais le groupe doit depuis composer avec la réputation controversée de sa cible américaine, à la fois dans le commerce de semences OGM et dans celui des pesticides, visés par différentes procédures judiciaires et enjeux de débats politiques dans de nombreux pays.

Parmi eux figure désormais le fonds activiste américain Elliott, qui contrôlait fin juin environ 2% du groupe et est réputé favoriser l'éclatement de grands conglomérats par des mises en Bourse partielles.

Le groupe chimique doit en outre gérer une restructuration massive avec à la clé la suppression de 12.000 postes, soit 10% de sa masse salariale.

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