Les laits hypoallergéniques dangereux pour les bébés ?

Share

Selon leurs observations, le fait de consommer ces laits hypoallergéniques plutôt que des laits en poudre traditionnels à l'âge de 2 mois " est associé à un plus grand risque de sifflements respiratoires à un an chez les enfants à risques ".

Les laits infantiles hypoallergéniques ne réduisent pas le risque d'allergies, selon une étude de l'Inserm et de l'Inra.

Sceptique sur l'efficacité de ces laits infantiles, une équipe de chercheurs de l'Institut national de recherche agronomique (INRA) et de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) s'est penchée sur le sujet.

D'après l'étude, les chercheurs "n'ont observé aucun effet protecteur de ces produits contre d'éventuelles manifestations allergiques comparativement aux préparations infantiles classiques". Leur particularité est que les protéines de lait (lactosérum et, pour certains, caséine) y sont "hydrolysées", c'est-à-dire cassées en petits morceaux.

Les préparations alimentaires infantiles hypoallergéniques ont longtemps été considérées comme efficace pour diminuer les risques d'allergie chez les enfants qui pourraient avoir une tendance allergique (avec au moins un parent ou un membre de la fratrie qui a des antécédents allergiques). Toutefois, leur efficacité est controversée.

"Au contraire, l'utilisation à 2 mois de préparations hypoallergéniques chez des enfants sans signe d'allergie à cet âge était associée, dans les années qui suivent, à un risque plus élevé de sifflements respiratoires et d'allergies alimentaires", soulignent les chercheurs.

Les chercheurs français soulignent la nécessité de réaliser désormais des études cliniques sur ces préparations avant de promouvoir leur potentiel effet hypoallergénique. Par ailleurs, ces préparations infantiles ne sont plus recommandées depuis peu par les associations américaines et suisses de pédiatrie.

Toutefois, ces résultats devront "être complétés par de nouvelles études" car ils "ne permettent pas d'établir de lien de causalité", nuance l'étude.

Pour mener à bien leurs travaux, les scientifiques ont suivi pendant deux ans 15.000 enfants qui participent à l'étude ELFE (Étude Longitudinale Française depuis l'Enfance) conduite par l'INED et l'INSERM. Une enquête nationale qui vise, entre autres, à mesurer l'impact de l'alimentation sur les plus jeunes. "Pourtant, la moitié d'entre eux n'a aucun antécédent familial d'allergie qui justifierait leur prescription", expliquent les chercheuses. Ils affirment par ailleurs que ces résultats "apportent en outre des arguments en faveur d'un nouveau règlement européen, qui entrera en vigueur en 2021 et qui imposera la réalisation d'études cliniques sur ces produits avant de promouvoir un effet protecteur face au développement d'allergies".

Share