"Gilets jaunes": Un coût "considérable" pour certains secteurs d'activité

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Le rapport estime à 0,1 point de PIB le coût du mouvement sur l'économie nationale au dernier trimestre de l'année 2018, soit un coût "relativement faible par rapport à la richesse nationale", relèvent les députés, auteurs du rapport.

Parmi les explications avancées figure la conjoncture économique, plutôt propice. Pour Damien Abad, président LR de la Commission des Affaires économiques, le mouvement des "gilets jaunes" s'est "inscrit dans un contexte globalement plus favorable qu'il y a quelques années, voire encore quelques mois, en matière de consommation et d'emploi".

Il fournit, toutefois, un certain nombre de données sur l'impact des manifestations, secteur par secteur, avec une approche centrée sur les collectivités territoriales et les petites entreprises, pour lesquelles "les répercussions du mouvement ont été les plus forts ".

Les commerces en centre-ville ont par exemple souffert et ont connu une baisse de 20 à 30% de leur chiffre d'affaires.

Le mouvement des gilets jaunes a eu un impact relativement "modéré" sur l'économie française. Les hôtels, restaurants et cafés auraient ainsi perdu 850 millions d'euros (M€), selon l'union des entreprises de proximité, l'U2P. "Le but de ce rapport n'est pas d'analyser le mouvement des gilets jaunes", a déclaré Abad, ni "de faire du "gilets jaunes bashing".

La mission souligne que les petites entreprises ont été les plus touchées par ces baisses de fréquentation, indiquant que nombreuses d'entre elles ont rencontré "des difficultés à payer leurs charges fixes", en raison des "pressions sur la trésorerie". Au 17 juin, 5.283 demandes de chômage partiel liées au mouvement des "gilets jaunes" ont été enregistrées, concernant 75.277 salariés.

De leur côté, les forces de l'ordre ont multiplié les heures supplémentaires si bien que 46 millions d'euros ont été mobilisés pour "permettre aux policiers et gendarmes de répondre à la crise" selon le rapport.

Le coût pour les finances publiques s'explique également par les pertes de recettes fiscales engendrées par la baisse d'activité, mais aussi par les dégradations commises sur les radars. "La remise en état des 2.410 radars détruits et des 577 abîmés pourrait à terme coûter 71 millions d'euros", avancent les parlementaires. Enfin, citant une évaluation de France urbaine, la synthèse évoque un coût de 30 millions d'euros pour les communes, correspondant aux "dégradations d'équipements et de mobiliers urbains, au "bouleversement de l'agenda de certaines missions de services public et de travaux", ou à "la rémunération des agents sollicités au-delà de leur temps de travail habituel".

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