Iran : un tanker sous pavillon britannique toujours bloqué dans le détroit d'Ormuz

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Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé vendredi soir avoir "confisqué" un pétrolier britannique, le Stena Impero, dans le détroit d'Ormuz.

Le Stena Impero "a été amené jusqu'à la côte après sa saisie et remis à l'Autorité afin [que puissent commencer] la procédure légale et l'enquête", ajoutent dans ce bref communiqué les Gardiens, armée idéologique de la République islamique d'Iran. "Et conformément à la loi, après un accident il est nécessaire d'enquêter sur les causes ".

Après la collision, les personnes à bord du bateau de pêche ont "contacté le navire britannique mais n'auraient pas reçu de réponse ".

Le Stena Impero a été arraisonné par la force navale des Gardiens pour "non respect du code maritime international", "à la demande de l'Autorité portuaire et maritime de la province de l'Hormozgan", selon un communiqué sur Sepahnews, le site internet des Gardiens de la Révolution. Ce navire avait été arraisonné le 4 juillet par les autorités de Gibraltar, territoire britannique situé à l'extrême sud de l'Espagne, qui le soupçonnaient de livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions de l'Union européenne contre Damas.

Téhéran nie cette accusation et dénonce un acte de "piraterie" envers le navire chargé de 2,1 millions de barils de brut.

L'annonce survient deux jours après une mise en garde du guide suprême iranien, Ali Khamenei, qui a annoncé que son pays répondrait "au moment et à l'endroit opportuns" à l'interception du pétrolier au large de Gibraltar. Les États-Unis ont dénoncé la "surenchère de la violence " de l'Iran.

"Le ministère de la Défense britannique a déclaré qu'il cherchait en urgence à comprendre ce qu'il s'était passé avec ce bateau de 30000 tonnes à pavillon britannique, qui se dirigeait vers l'Arabie Saoudite quand il a soudainement dévié de sa trajectoire et quitté les eaux internationales dans le détroit d'Ormuz", explique The Guardian. "Nous avons conseillé aux navires britanniques de rester en dehors de la zone pour une période provisoire ", a affirmé une porte-parole du gouvernement britannique dans un communiqué. Donald Trump assuré de son côté que les Etats-Unis avaient été "informés" des événements dans le Golfe et qu'ils "échangeront" et "travailleront avec le Royaume-Uni" à ce sujet.

"Nous appelons les autorités iraniennes à libérer dans les meilleurs délais le bâtiment et son équipage, et à respecter les principes de liberté de navigation dans le Golfe", écrit le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.

Même tonalité en Allemagne qui a averti "qu'une nouvelle escalade serait très dangereuse pour la région ".

Ces dernières 24 heures ont été marquées par une polémique à propos d'un drone " iranien " que les Américains disent avoir abattu dans le détroit.

Les tensions entre Téhéran et Washington, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, se sont envenimées depuis le retrait unilatéral américain de l'accord nucléaire de 2015 et le rétablissement des sanctions économiques américaines qui nuisent fortement à l'économie iranienne. Face au regain de tensions dans la région, l'Arabie saoudite a décidé d'accueillir des forces américaines.

Pour les Etats-Unis, cette présence aura "un effet dissuasif supplémentaire et renforcera notre capacité à défendre nos troupes et nos intérêts dans la région face à des menaces émergentes et crédibles".

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