Les chefs de la diplomatie européenne tentent de sauver l'accord — Nucléaire iranien

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Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s'est inquiété dimanche de la montée des tensions au Proche-Orient et a appelé à des gestes de "désescalade" de la part des Etats-Unis et de l'Iran pour préserver l'accord sur le nucléaire de 2015.

"Nous sommes préoccupés par le risque que le JCPoA [l'accord de 2015 limitant le programme nucléaire iranien] ne se défasse, sous la pression des sanctions imposées par les Etats-Unis et à la suite de la décision de l'Iran de ne plus appliquer plusieurs des dispositions centrales de l'accord", expliquent Paris, Londres et Berlin dans ce texte diffusé par la présidence française.

Mais ceux-ci se sont avérés jusqu'à présent incapables de répondre aux demandes iraniennes, et Téhéran les accuse de n'avoir aucune volonté de tenir leurs promesses.

Dix pays de l'UE se sont engagés à utiliser cet instrument et des pays "non membres de l'UE" vont également rejoindre cette initiative, a annoncé Helga Schmid, l'ajointe de la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini. "De notre côté, nous ferons tout ce qui faut pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire ".

"Je constate que tout le monde déclare ne pas vouloir aller au sommet de l'escalade, que ce soit le président (iranien Hassan) Rohani, que ce soit le président (américain Donald) Trump, que ce soit même les responsables et les autorités du Golfe", a-t-il déclaré sur BFMTV. Nous insistons sur (.) la réciprocité des droits et des devoirs " entre les parties à l'accord nucléaire, a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères, Abbas Moussavi, dans un communiqué.

Mais le rétablissement des sanctions extraterritoriales américaines contre Téhéran après le désengagement de Washington menace l'accord en privant l'Iran des retombées économiques qu'il en attendait.

Le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Behrouz Kamalvandi, a par ailleurs indiqué la semaine dernière que l'Iran envisage désormais d'enrichir son uranium à 20 % et de redémarrer des centrifugeuses qui ont été désactivées après la signature de l'accord de Vienne. "Elle a permis de déclencher (.) un langage nouveau du côté européen et elle a permis d'avoir un dialogue constant avec les Américains". "Chacun attend un peu, tout en s'agitant "discrètement" pour essayer de trouver une solution ".

Mais l'Iran "ne laissera pas cette malveillance sans réponse". Une annonce face à laquelle le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, s'est dit sceptique. "La nécessité pour l'UE, c'est éviter les gestes qui casseraient tout et relanceraient l'escalade", conclut François Nicoullaud.

Comme l'a démontré le cas de photojournaliste canado-iranienne Zahra Kazemi, tuée dans une prison iranienne en 2003, l'Iran ne reconnaît pas la double nationalité de ses ressortissants.

A l'issue de la séance un communiqué de Federica Mogherini a été publié disant: " Pour l'instant, les parties restent attachés à l'accord nucléaire avec l'Iran. Il faudra néanmoins attendre les résultats d'un tel mécanisme pour savoir s'il répond aux attentes de l'Iran.

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