La France nie avoir violé l’embargo sur les armes en Libye

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Après la reprise de Gharyan le 26 juin, un officier pro-Haftar avait affirmé que des conseillers militaires français et émiratis étaient présents dans le QG au côté du commandement de l'ANL, ce qu'avait démenti l'ambassade de France en Libye.

En effet, selon des révélations du New-York Times, " une cache de puissants missiles américains vendus à la France avant de se retrouver entre les mains de combattants rebelles fidèles au général Khalifa Hafter, qui cherche à renverser le gouvernement soutenu par les Nations unies à Tripoli ".

Pas sûr pour autant que cette explication ne convainque le gouvernement d'union nationale libyen, dont le ministre Affaires étrangères Mohamad Tahar Siala avait adressé une lettre à son homologue Jean-Yves Le Drian, lui demandant "d'expliquer de manière urgente le mécanisme par lequel les armes françaises découvertes à Gharyan [étaient] parvenues aux forces de Haftar, quand ont-elles été livrées et comment?".

Le ministère français des Armées affirme que les missiles Javelin "inutilisables" de fabrication américaine n'ont jamais été destinés à être passés à un groupe quelconque, et qu'ils devaient être détruits.

Cependant, ils ont été découverts dans un camp au sud de la capitale Tripoli, utilisé par les forces loyales au général Khalifa Haftar.

Le problème avec les embargos américains, c'est qu'ils interdisent aux Etats-Unis de vendre leurs propres armes à certains pays, du coup, nous en France nous achetons les armes aux Américains et les refilons en douce à la demande de l'Oncle Sam aux pays qu'ils ont mis eux-mêmes sous embargo.

C'est une révélation duNew York Times (en anglais). Le ministère français de la Défense a reconnu les faits ce mercredi 10 juillet 2019, tout en indiquant que ce sont des missiles missiles américains Javelin, qu'ils ne fonctionnent plus et que Paris ne les jamais vendus à "quiconque en Libye", rapporte France24.

"Endommagées et hors d'usage, ces munitions étaient temporairement stockées dans un dépôt en vue de leur destruction". Paris reconnaît l'origine des armes mais dément tout transfert à des "forces locales".

Ces armes, dit-on toutefois, "étaient destinées à l'autoprotection d'un détachement français déployé à des fins de renseignement en matière de contre-terrorisme". "La débâcle des Javelin suggère très probablement la présence d'officiers de la DGSE avec l'ANL", estime Jalel Harchaoui, chercheur spécialisé dans la Libye à l'institut Clingendaelorg, à La Haye. "Compte tenu du caractère onéreux de ces missiles fabriqués aux États-Unis, ces agents étaient probablement prêts à engager une action militaire dans certaines circonstances".

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