Les serres chauffées autorisées, mais l’utilisation encadrée — Agriculture biologique

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"Le chauffage des serres est autorisé, mais il n'y aura pas de commercialisation entre le 21 décembre et le 30 avril" de fruits et légumes bio produits en France, a indiqué le ministère.

Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, avait déclaré, mardi, devant les sénateurs, que le gouvernement n'était "pas opposé" au chauffage des serres en agriculture bio. "Il n'y a pas de surtransposition de règles européennes: le chauffage des serres est autorisé en Europe, il reste autorisé en France", a ajouté le ministre. Le chauffage des serres se fera à partir de 2025, "uniquement avec des serres chauffées avec des énergies renouvelables", une obligation à effet immédiat pour "toute serre construite aujourd'hui", a précisé Didier Guillaume.

En face, les partisans du chauffage des serres n'ont eu de cesse de mettre en avant la demande toujours plus forte du consommateur et leur crainte, en cas d'interdiction, de "distorsions de concurrence" avec les pays voisins de la France.

Ils pointent également un marché déficitaire. Cela pourrait concerner la production de tomates, de fraises ou encore de concombres.

Au-delà d'une explosion des volumes, la Fnab pointait la pollution générée par le chauffage des serres. "Autoriser la vente de tomates bio dès le premier jour du printemps revient à autoriser de chauffer les serres bio pendant tout l'hiver à plus de 20 degrés, l'équivalent de 200 000 à 250 000 litres de fioul par hectare", a déclaré Jean-Paul Gabillard, producteur maraîcher et secrétaire national légumes à la Fnab. S'appuyant sur une étude de l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie), elle souligne qu'une tomate produite sous serre chauffée émettrait, avec 2,2 kg de CO2 pour 1 kg de tomates, sept fois plus de gaz à effet de serre qu'une tomate produite en France en saison et près de quatre fois plus qu'une tomate importée d'Espagne.

Les membres qui composent le Cnab, environ une quarantaine de personnes, sont donc invités à voter pour ou contre la production de fruits et légumes biologiques à contre-saison jeudi prochain. "On importait 78% de tomate bio, on va passer à 90%", a-t-il conclu.

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