L’écart entre les femmes et les hommes se réduit — Cancers

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C'est le cancer du poumon qui enregistre les plus mauvaises évolutions chez la femme, avec +5,3 % par an en moyenne de hausse pour l'incidence, et +3,5 % pour la mortalité.

Le cancer du sein reste néanmoins le cancer le plus fréquent et le plus mortel chez les femmes, avec près de 59.000 nouveaux cas et un peu plus de 12.000 décès annuels. Une étude sur l'incidence et la mortalité des cancers en France métropolitaine entre 1990 et 2018, publiée ce mardi par l'Institut national du cancer et Santé publique France, et réalisée avec l'aide du réseau des registres des cancers (Francim) et des Hospices civils de Lyon, le prouve. "Les écarts d'incidence entre les hommes et les femmes se sont considérablement réduits depuis 1990, en relation avec l'augmentation de la consommation de tabac chez ces dernières", avancent-ils dans leur conclusion.

Le cancer touchait surtout les hommes mais, depuis trois décennies, l'écart se réduit au détriment des femmes à la fois en terme d'incidence et de mortalité, selon un rapport de Santé publique France. De même l'incidence du cancer de l'anus, imputable en majorité au HPV, est en augmentation chez les femmes de 50 et 60 ans. Le nombre de cas de cancer du foie diagnostiqués annuellement s'allonge également plus vite chez la femme (+3,5 % contre +1,6 % par an chez l'homme). Il s'agit entre autres du cancer du pancréas et du cancer du foie.

L'incidence tous cancers confondus est stable chez l'homme (+0,1 % par an) alors qu'elle s'accroit chez la femme (+1,1 % par an) reflétant une augmentation du risque de cancer.

Ainsi cette analyse permet-elle d'observer une évolution plus précise pour les cancers du poumon.

Chez l'homme, et bien qu'il représente la première cause de décès par cancer, la mortalité n'a cessé de diminuer (-1,2% par an en moyenne) entre 1990 et 2018, en particulier chez les hommes de moins de quarante ans. L'augmentation des nouveaux cas (+4,4 % par an chez l'homme et chez la femme) " est majoritairement expliquée par l'évolution des pratiques médicales et l'amélioration des techniques diagnostiques " avancent les experts. La diminution constante de la mortalité entre 1990 et 2018 (-2,8 % par an) est " attribuable à l'amélioration des traitements et au rôle du dépistage ". C'est le cas également pour le cancer colorectal chez l'homme, au troisième rang des cancers les plus fréquents et au deuxième rang des décès par cancer.

En revanche, on relève des "signaux positifs", souligne-t-il: des cancers, très fortement liés à l'alcool et au tabac, présentent chez l'homme les plus fortes variations à la baisse des taux de nouveaux cas et de mortalité (lèvre-bouche-pharynx, larynx, oesophage). Baisse également pour le cancer de l'estomac, pour les deux sexes, ainsi que pour le cancer du col de l'utérus chez les femmes.

C'est ainsi qu'en Nouvelle-Aquitaine, on apprend qu'il y a eu sur cette période 36 939 nouveaux cas de cancer estimés par an (dont 56% survenant chez l'homme). Chez l'homme ce sont principalement des cas de cancer de la prostate, du poumon et du côlon-rectum. " Cette situation peut suggérer qu'il existe un diagnostic plus systématique (voire un sur-diagnostic) de ce cancer dans ces départements " justifient les experts. Ce cancer masculin a connu sur trente ans une baisse de l'incidence de -3,5 % par an et de la mortalité de -2,8 % par an.

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