Son médecin annonce un nouvel arrêt des soins — Affaire Vincent Lambert

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La Cour de cassation a statué vendredi dans l'affaire Vincent Lambert, désavouant la cour d'appel de Paris. Mais la cour d'appel se fondait alors sur un avis du Comité international des droits des personnes handicapées de l'ONU, lui aussi saisi par les parents de Vincent Lambert.

Le médecin de Vincent Lambert, tétraplégique depuis 2008, a annoncé mardi un nouvel arrêt des traitements.

Vincent Lambert est un patient français tétraplégique en état de conscience altérée qui risque d'être abandonné à la mort par déshydratation et sédation, sur décision de son médecin. "Et bien, il y a là quelque chose d'absolument scandaleux qui justifie notre présence aujourd'hui", a affirmé l'un des avocats des parents, Jean Paillot, présent à la table ronde. Rachel Lambert est soutenue par six frères et soeurs et un neveu de Vincent, François Lambert, qui entendent mettre fin à cet "acharnement thérapeutique" et affirment que l'ancien infirmier avait pris position en ce sens.

"Le cours de la procédure d'arrêt des traitements", à laquelle la Cour de cassation avait ouvert la voie vendredi, "sera poursuivi à partir de ce jour", a déclaré par courriel le docteur Vincent Sanchez à chacun des membres de la famille de Vincent Lambert. Selon la ministre de la Santé Agnès Buzyn, la France n'est "pas tenue" de respecter cette demande. Ses avocats menacent de poursuivre pour meurtre avec préméditation le médecin s'il venait à stopper les traitements. Vincent Lambert n'a toutefois pas laissé de directive anticipée. "La vie nous a appris très douloureusement qu'il y a parfois des désillusions, des malheurs qui nous frappent à chaque fois". Rachel Lambert a dit vouloir voir son "mari en homme libre", demandant qu'il soit "respecté dans ses convictions", assurant qu'ils avaient tous deux les mêmes sur ce point. Vincent n'est ni malade, ni en fin de vie.

D'un côté, ses parents, proches des milieux catholiques traditionalistes, un demi-frère et une de ses sœurs, estiment que c'est un handicapé, en état pauci-relationnel et que l'arrêt des soins constitue une euthanasie déguisée. Viviane Lambert s'exprimait lors d'une table ronde organisée en marge de la 41e session du Conseil des droits de l'homme à Genève, par une ONG basée à Strasbourg, le Centre européen pour le droit et la justice. Le mois dernier, le président de la CEDH, Linos-Alexandre Sicilianos, avait expliqué au journal Le Monde que " la Cour émet des jugements obligatoires, tandis que les comités onusiens émettent des recommandations ".

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