Risques d’une exposition aux champs électromagnétiques basses fréquences

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Les champs électromagnétiques basses fréquences pourraient en effet provoquer des leucémies chez les plus jeunes. L'Anses tire la sonnette d'alarme ce vendredi. "L'Agence réitère ses conclusions de 2010 sur l'association possible entre l'exposition aux champs électromagnétiques basses fréquences et le risque à long terme de leucémie infantile", indique l'Anses, qui recommande en premier lieu "de ne pas implanter de nouvelles écoles à proximité des lignes à très haute tension".

L'agence avait déjà tiré la sonnette d'alarme sur une "association possible entre l'exposition aux champs électromagnétiques basses fréquences et le risque à long terme de leucémie infantile" en 2010. Environ 40 000 des moins de quinze ans en seraient concernés. Or, à partir d'un certain seuil d'exposition, évalué selon les études entre 0,2 et 0,4 µT, le risque de leucémie infantile serait plus important, selon les experts. En effet, "à des niveaux d'exposition élevés pouvant être rencontrés en milieu professionnel, des études expérimentales ont mis en évidence la possibilité d'effets biologiques (stress oxydant, effets génotoxiques*, effets sur la physiologie cellulaire)".

Enfin, l'Anses rappelle que la population est exposée à de multiples sources de champs électromagnétiques, aussi bien à l'extérieur "via les lignes électriques, les transports et les transformateurs" qu'à l'intérieur, "via les appareils électroménagers". L'Anses recommande donc de mieux informer et sensibiliser les femmes sur les dispositions réglementaires d'aménagement de leur poste de travail lorsqu'elles sont enceintes, afin de limiter l'exposition du fœtus aux champs électromagnétiques basses fréquences. Elle recommande donc "par précaution" de ne pas implanter de nouvelles écoles ou de nouveaux hôpitaux à proximité immédiate des lignes à très haute tension, ni d'installer de nouvelles lignes au-dessus de tels établissements, même si aucun lien de cause à effet n'est pour le moment démontré.

Le Centre international de recherche contre le cancer (Circ), l'agence spécialisée de l'OMS pour la recherche sur le cancer, a classé en 2002 les champs magnétiques d'extrêmement basses fréquences - ceux émis par les installations électriques et les dispositifs de transport de l'électricité - comme cancérogènes "possibles" pour l'humain. "À la fréquence du courant électrique utilisé en environnement domestique, 50 Hz, les valeurs limites d'exposition préconisées par la recommandation européenne sont de 100 µT pour le champ magnétique et de 5 kV/m pour le champ électrique", explique l'Anses.

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