Le Kremlin dénonce les manifestations comme une "provocation russophobe" — Géorgie

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Des milliers de géorgiens se sont réunis autour du parlement pour protester contre la prise de parole du député russe Sergueï Gavril devant l'Assemblée géorgienne.

Le président géorgien Salomé Zourabichvili avait déjà blâmé Moscou pour ces troubles, suggérant qu'une "cinquième colonne" fidèle à Moscou avait semé le trouble, selon le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, démenti par la vérité. Les protestations, qui ont rassemblé des milliers de personnes, avaient été déclenchées jeudi par le discours polémique d'un député russe au Parlement géorgien.

Les tensions restent fortes entre Tbilissi et Moscou, qui se sont affrontés dans une guerre courte mais sanglante en 2008.

Au moins 240 personnes ont été blessées lors des émeutes et plus de 300 participants au rassemblement ont été arrêtés.

"Nous sommes ici pour montrer notre colère et notre volonté de changer ce pays", a déclaré l'un des activistes.

Le président du Parlement géorgien a annoncé vendredi sa démission, au lendemain de violents heurts entre la police et des manifestants. Affirmant partager la colère de ses compatriotes dans un communiqué, il aurait demandé au président de l'assemblée de suspendre la séance.

Tamar Kordzaia, chef du parti d'opposition républicain, a déclaré que les manifestations continueraient à faire pression pour ces revendications.

Prenant en compte une situation dégradée en Géorgie, où des manifestants ont tenté d'investir ce 20 juin le parlement géorgien, Vladimir Poutine a interdit par décret aux compagnies aériennes, à partir du 8 juillet, tous vols commerciaux de Russie vers la Géorgie. Selon l'Union russe du tourisme, les Russes étaient en 2018 au troisième rang des visiteurs les plus nombreux en Géorgie, soit 1,7 million de personnes.

De quoi hérisser les poils de ces Géorgiens, pour qui la Russie est un "occupant". "La cinquième colonne qu'elle gère peut être plus dangereuse qu'une agression ouverte", a déclaré Zurabishvili sur sa page Facebook.

Des manifestations dénoncées par Moscou qui évoque une provocation russophobe.

Si les autorités géorgiennes n'ont pas encore réagi officiellement, un haut responsable a soutenu qu'il s'agissait d'une décision politique. En 2008, une guerre éclair avait vu s'affronter les deux pays sur la question de la province séparatiste de l'Ossétie du Sud, occupée depuis par des troupes russes.

Les manifestants restent mécontents de la visite d'une délégation russe conduite par Sergei Gavrilov, membre de la chambre basse du Parlement russe, qui participait jeudi à un événement destiné à renforcer les relations entre les législateurs chrétiens orthodoxes. L'armée russe était alors intervenue sur le territoire géorgien pour voler au secours de la petite Ossétie du sud, territoire séparatiste prorusse où Tbilissi avait lancé une opération militaire. Le ministère géorgien de l'Intérieur a en outre dénoncé "une tentative de coup d'État".

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La Géorgie, traversée par des gazoducs, espère un jour rejoindre l'Union européenne et l'OTAN, ambition qui a rendu furieux Moscou, l'ancien seigneur soviétique.

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