Le candidat d'Erdogan concède sa défaite à l'élection d'Istanbul — Turquie

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Quasiment inconnu il y a seulement quelques mois, Ekrem Imamoglu, s'est imposé comme le champion d'une opposition longtemps incapable d'entailler l'armure du président Recep Tayyip Erdogan. Il l'a perdu. Trois mois après les municipales du 31 mars, les habitants d'Istanbul ont à nouveau voté pour l'opposition. Pour l'opposition, de lui infliger sa première défaite majeure depuis 2003.

Dans une allocution après la publication des premiers résultats le donnant vainqueur, Ekrem Imamoglu a invité Erdogan "à travailler ensemble pour servir Istanbul". Je le félicite et je lui souhaite bonne chance.

Diriger la mairie d'Istanbul, capitale économique et démographique de la Turquie, permettrait à M. Imamoglu d'affirmer sa stature politique. Un peu plus tard, le président turc a lui-même tweetté: "Je félicite Ekrem Imamoglu qui a remporté l'élection selon les résultats non officiels". "Cette élection signifie l'ouverture d'une nouvelle page". Elle marque un nouveau début " pour la Turquie a aussitôt déclaré le vainqueur.

" À la fin, tout ira bien", a-t-il ajouté, répétant le slogan qu'il a adopté pour sa campagne après l'annulation du premier scrutin.

Pour M. Erdogan, il s'agissait de conserver une ville de plus de 15 millions d'habitants, capitale économique du pays, qu'il contrôle depuis 25 ans.

Le résultat de mars avait été invalidé après des recours du parti islamo-conservateur du président, l'AKP, arguant d'"irrégularités massives". "Rejetant ces accusations, l'opposition dénonce un " putsch contre les urnes " et voit le nouveau scrutin comme une " bataille pour la démocratie ".

Ainsi, selon les derniers résultats, il a totalisé 53,86% des voix à l'issue du dépouillement de plus de 97% des suffrages.

Face à un opposant bénéficiant d'une couverture écrasante de la part de médias pour la plupart aux ordres du pouvoir, M. Imamoglu a misé sur les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille.

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Né en 1970 à Trabzon (nord-est), sur les bords de la mer Noire, M. Imamoglu a étudié l'administration des affaires à l'Université d'Istanbul, avant de décrocher un Master en management, selon sa biographie officielle.

Son profil "couteau suisse", à la fois membre du parti laïque CHP et musulman pratiquant, a permis à M. Imamoglu de séduire au-delà de la base traditionnelle de sa formation politique.

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