"La Meute" condamnée à 15 ans de prison pour viol — Espagne

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La plus haute instance judiciaire espagnole a condamné vendredi à 15 ans de prison pour viol cinq hommes ayant abusé d'une jeune fille dans l'affaire de "La Meute", qui avait été le détonateur d'une grande mobilisation féministe.

Ce jugement était très attendu. Hier, les magistrats de la Cour suprême ont finalement reconnu les faits de viol.

Ils étaient accusés d'avoir violé collectivement une jeune fille de 18 ans en juillet 2016 à Pampelune (nord), en pleines fêtes de la San Firmin.

En 2018, le tribunal avait condamné les membres pour des faits d'"abus sexuel" et non pas de viol. Ils s'étaient eux-mêmes vantés de leurs actes sur un groupe WhatsApp intitulé "la manada" ("la meute"). Une preuve utilisée contre eux durant les procès mais aussi contre la victime de 18 ans à peine, qui dut justifier sa passivité apparente. Puis elle avait suivi le groupe, embrassé un garçon, sans "penser qu'allait se produire ce qui s'est produit", selon sa déclaration publiée par la presse.

Contre toute attente, les juges estiment qu'il y a eu agression, mais pas viol.

Une attitude passive constitue-t-elle un consentement?

Ils ont écopé de quinze ans de prison chacun, moins que les réquisitions. Ils ont conclu à l'unanimité qu'il y avait bien eu " viol " au regard du droit espagnol, qui exige des preuves d'intimidation ou de violence.

Les cinq accusés, depuis un an en liberté provisoire, n'avaient pas été cités à comparaître. Une décision confirmée en décembre par une cour d'appel qui avait conclu qu'il n'y avait pas eu violence et qu'il était trop difficile de déterminer s'il y avait eu intimidation.

La procureure Isabel Rodriguez a fait valoir que les cinq hommes âgés de 24 à 27 ans de "forte stature", avaient tiré avantage de leur supériorité pour commettre ce viol. "On ne peut exiger des victimes des attitudes dangereusement héroïques ", avait-elle insisté.

L'un des accusés a en outre été condamné à deux ans supplémentaires pour avoir volé le téléphone portable de la victime.

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