Juncker défend la BCE, attaquée par Trump

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Le président de la BCE Mario Draghi a surpris le marché hier en évoquant des baisses de taux, ce qui a plombé l'Euro, et soutenu les marchés actions en Europe.

Les effets du discours accommodant de Mario Draghi ont même fait réagir Donald Trump.

Mario Draghi s'est pourtant borné à répéter ses propos tenus début juin, lors de la traditionnelle réunion de la BCE, mais dans un climat de spéculation devenu intense autour des politiques monétaires en zone euro et aux Etats-Unis. "Nous avons notre mandat (.) la stabilité des prix", a-t-il ajouté, soulignant qu'il s'agissait de son seul mandat.

Si la Fed a laissé mercredi ses taux inchangés entre 2,25% et 2,50% - comme l'avaient anticipé une majorité d'analystes -, elle a prévenu aussi qu'elle abandonnait son attitude de "patience" face aux multiples incertitudes économiques causées notamment par la guerre commerciale sino-américaine.

Les Européens " le font impunément depuis des années, avec la Chine et d'autres ", a ajouté M. Trump, accusant une nouvelle fois ses partenaires internationaux de manipuler leurs taux de change.

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"Mario Draghi vient d'annoncer que de nouvelles mesures pourraient venir stimuler l'économie (européenne), ce qui a immédiatement fait chuter l'euro par rapport au dollar, leur donnant un avantage injuste pour concurrencer les Etats-Unis", a dénoncé M. Trump sur Twitter. Il avait auparavant signalé la disposition de l'institut monétaire à baisser ses taux d'intérêt, ce qui avait été perçu par le président américain comme une manoeuvre pour faire remonter le taux de change de l'euro face aux dollar et ainsi doper les exportations européennes.

" De nouvelles réductions des taux directeurs et des mesures d'atténuation visant à en limiter les effets secondaires font toujours partie de nos outils ", a déclaré M. Draghi en ouverture du séminaire annuel de l'institut à Sintra, au Portugal.

Des propos qui ont eu une forte résonance dans un contexte où, après avoir semblé engagés dans un processus de relèvement progressif des taux, les Etats-Unis comme la zone euro semblent changer leur fusil d'épaule face aux difficultés économiques pour envisager un mouvement inverse.

La livre britannique est de son côté tombée mardi à un nouveau plus bas depuis janvier face à l'euro et au dollar, à 89,75 pence pour un euro et à 1,2506 dollar pour une livre, avant de se reprendre. "C'est l'indication la plus claire, jusqu'à présent, que la Banque centrale va réduire les taux d'intérêt et relancer son programme d'achats d'actifs dans les prochains mois" si l'inflation ne redécolle pas, estime Andrew Kenningham, de Capital Economics. Or, la Réserve fédérale américaine se réunit ce mercredi, et les investisseurs attendent " des indications qu'une baisse des taux est désormais dans les tuyaux ou presque", décrypte Tangi Le Liboux, stratégiste du courtier Aurel BGC. Le taux de dépôt est déjà à -0,40% depuis mars 2016, ce qui oblige les banques à rémunérer la BCE en lui confiant leurs liquidités en surplus. L'indice européen Euro Stoxx 50 a gagné 2,15%.

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