Renault confirme la priorité donnée à son alliance avec Nissan

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"Aujourd'hui, l'alliance prend un nouveau départ et elle est et doit rester plus que jamais à la fois un pilier et un moteur du développement de chacun de ses membres", a martelé M. Senard.

Lors de l'assemblée générale, le président de Renault a fait longuement l'éloge de ce projet de fusion avorté qui aurait créé le numéro 3 mondial de l'automobile.

Une foule de petits actionnaires a rempli le Palais des Congrès, à Paris. Jean-Dominique Senard, s'est notamment dit mercredi soir "déçu" que le projet de fusion avec Fiat Chrysler n'ait pu se poursuivre, en raison des délais supplémentaires réclamés par l'Etat français, premier actionnaire du constructeur automobile.

Il s'agit de la première AG depuis la chute de Carlos Ghosn, patron emblématique de Renault, embourbé dans une affaire de malversations présumées au Japon.

Les actionnaires de Renault ont pour leur part approuvé mercredi à une très large majorité (90,9%) la nomination de Jean-Dominique Senard en tant qu'administrateur du groupe automobile.

"J'ai rarement vu un principe de fusion qui pouvait apporter des synergies aussi fortes, et en plus elles n'étaient pas négatives sur le plan social et humain et, au contraire, mett (ai) ent en valeur les plateformes Renault", a-t-il poursuivi.

Certes, le groupe au losange souffre comme l'ensemble du secteur d'une conjoncture internationale morose et des bouleversements technologiques qui imposent de lourds investissements dans les motorisationsélectriques sans garantie de rentabilité.

Mais certains actionnaires reprochent aux administrateurs de Renault de ne pas avoir suffisamment exercé leur vigilance quant à la gestion de Carlos Ghosn.

Renault a annoncé récemment qu'il envisageait des poursuites contre M. Ghosn pour avoir engagé 11 millions d'euros de dépenses suspectes au sein d'une filiale commune avec Nissan, basée aux Pays-Bas. "Mercredi, Jean-Dominique Senard avait affirmé de son côté que, même si l'Alliance avec Nissan semblait "endommagée", il n'y avait "rien d'irréparable ".

Mercredi, les actionnaires ont massivement voté contre l'octroi à l'ancien PDG de sa rémunération variable pour 2018, comme le demandait le conseil d'administration, réduisant ses émoluments à son seul salaire fixe d'un montant de 1 million d'euros brut. Il a également révélé que c'était Bruno Le Maire qui lui avait "suggéré", il y a quelque mois, de contacter Fiat Chrysler Automobiles. "Tant que l'Etat sera actionnaire de référence, il jouera pleinement et entièrement son rôle ". C'est le cœur de la profitabilité de Renault comme de Nissan.

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