Cinéma: "Greta" Isabelle Huppert dans un rôle à la Bette Davis

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Alors qu'on l'attend dans un registre intimiste dans Frankie de l'Américain Ira Sachs (sortie le 28 août), la voilà dans un thriller psychologique volontiers grinçant de l'Irlandais Neil Jordan (À vif) qui semble avoir goûté la prestation tout à la fois drolatique et inquiétante de l'actrice dans Elle (2016) de Paul Verhoeven, film qui l'avait beaucoup exposée au public américain, nomination aux Oscars oblige.

Quand Frances aperçoit un sac à main égaré dans le métro de New York, elle trouve naturel de le rapporter à sa propriétaire. Greta Hideg, veuve, la soixantaine, vit seule dans un appartement cossu. Cette dernière va la harceler dans son intimité et son travail pour la garder à tout prix près d'elle, alors que la jeune femme a découvert un comportement déviant chez sa nouvelle amie. Ayant récemment perdu sa mère, Frances se rapproche d'elle.

Neil Jordan signe un de ces thrillers sans âme aux fausses pistes outrées qui ont longtemps essaimé nos écrans avant de se faire heureusement plus rares.

Les échappées artistiques d'Isabelle Huppert hors des sentiers français sont toujours fascinantes. La démence affichée de Greta lui permet d'amuser (involontairement) lorsqu'elle multiplie les dialogues et attitudes grotesques, mais ce côté parodique n'est pas du tout assumé. Au cadre luxueux et net de Manhattan, répond un Brooklyn plus modeste et cosy, avant de se révéler inquiétant; Frances franchit l'Est River pour aller rendre visite à Greta comme elle effectuerait la traversée d'un miroir reliant deux mondes très contrastés.

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