Buzyn bat le rappel au ministère pour lancer sa "mission nationale" — Urgences

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"Ils n'ont pas travaillé au ministère (...) Ils ne nous ont rien proposé, le combat continue", soufflaient les membres du comité après leur réunion avec Yann Bubien, directeur de cabinet adjoint d'Agnès Buzyn. "Toutes les lois santé qu'on a connues ont dégradé la situation, enchérit le Dr Christophe Prudhomme, de la CGT-Santé".

Autre fait marquant du mouvement, le collectif Inter-Urgences annonçait qu'à l'hôpital Saint Antoine, d'où est née la grogne, dans la nuit de samedi à dimanche, "15 paramédicaux sur 19, épuisés par leurs conditions de travail, n'ont pas pu prendre leur poste " et "trois paramédicaux de l'équipe de jour ont dû rester pour continuer de prendre en charge les patients ", travaillant ainsi "18 heures d'affilée ".

Mme Buzyn avait déjà tenté jeudi dernier, alors que plus de 200 urgentistes manifestaient à Paris, de désamorcer la crise en promettant une "stratégie d'ensemble" mêlant primes pour les personnels, crédits pour les travaux nécessaires et commande d'un rapport pour l'automne.

Des mesures aussitôt jugées "insuffisantes" par les professionnels concernés, qui réclament davantage d'effectifs et de lits d'hospitalisation pour désengorger les urgences.

Ils étaient plusieurs dizaines (soignants, techniciens, agents administratifs.) à se réunir à Lille devant l'agence régionale de santé.

A Nice, pour la première fois depuis l'annulation de nombreuses opérations en septembre au CHU (environ 8.000 salariés), le doyen de la faculté de médecine Patrick Baqué est sorti du rang pour se joindre au personnel mobilisé devant l'hôpital. "Ce sera pour nous l'occasion d'interroger la ministre sur son projet de loi " santé " qui vise à transformer plus de 600 Centres Hospitaliers en " Hôpitaux de Proximité " c'est-à-dire, sans maternité ni chirurgie!"

Elle prévient par ailleurs une fois encore: "il n'y a pas de mesures miracles qui permettraient d'éteindre le feu immédiatement ".

Mme Buzyn a assuré que son projet de loi Santé visait notamment à "améliorer l'accueil en ville en amont" et à "ne pas laisser les urgences seules faire face à l'afflux de patients" dans les établissements.

Une manifestation, un mouvement de grève qui intervient au moment même où le projet de loi santé est voté au Sénat ce mardi. "J'ai vu l'hôpital se dégrader parfois, mais là c'est la dégringolade", raconte Andrée, aide-soignante depuis 38 ans à Gien (Loiret).

Le conflit a franchi un palier fin mai, lorsque des soignants de Lons-le-Saunier (Jura) ont été réquisitionnés à leurs domiciles pour pallier l'absence de leurs collègues en arrêt maladie.

Ces renforts se feront via "des embauches supplémentaires, on ne les prend (ra) pas dans certains hôpitaux", a-t-il affirmé sur France Info.

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