La tension s'accroît encore entre Nissan et Renault

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Nissan juge cette décision "extrêmement regrettable".

Pas de réduction de l'influence de Renault chez Nissan. Jean-Dominique Senard, s'est notamment dit mercredi soir "déçu" que le projet de fusion avec Fiat Chrysler n'ait pu se poursuivre, en raison des délais supplémentaires réclamés par l'Etat français, premier actionnaire du constructeur automobile.

Avant cette AG, des sources proches du groupe et du gouvernement avaient en outre déclaré à Reuters que Jean-Dominique Senard, mécontent de l'attitude de l'Etat dans les négociations avec Fiat, avait subi un nouveau camouflet avec le refus du président de la République, Emmanuel Macron, de le recevoir. Dernier épisode en date, une lettre adressée au patron de Nissan, Hiroto Saikawa, dans laquelle M. Senard explique qu'il ne votera pas en assemblée générale des actionnaires la réforme de la gouvernance du groupe japonais, prévoyant la création de trois comités auxquels d'importants pouvoirs seront confiés.

Nissan plaide depuis plusieurs années pour un rééquilibrage de son alliance avec Renault mais s'oppose à toute fusion, comme le souhaiterait le groupe français.

Le titres des constructeurs Renault et Fiat Chrysler ont regagné de la hauteur, après des informations de presse évoquant la poursuite des discussions entre les deux groupes malgré le retrait de la proposition de fusion de Fiat Chrysler la semaine dernière. Selon le ministre de l'Économie, l'État n'a "pas fait capoter le mariage entre Renault et Fiat". Cependant, le ministre a indiqué que "tant que l'État sera actionnaire de référence de Renault, il jouera pleinement son rôle d'actionnaire de référence". Certains le disent "meurtri", "fragilisé" ou affirment qu'il "n'est plus crédible".

Mais "il n'a pas les mains libres, ni avec Nissan, ni avec l'Etat", estime un connaisseur du dossier. "Aurait-il fait cela avec la famille Michelin?", s'interroge une source gouvernementale dans Les Echos.

L'une des principales missions confiées à Jean-Dominique Senard était de renouer avec Nissan un dialogue ébranlé par les révélations sur l'ancien homme fort de l'alliance.

Les relations tendues avec Nissan depuis novembre et l'échec de ce mariage posent la question de l'avenir de Renault, un groupe qui à lui seul n'a produit "que" 3,9 millions de véhicules l'an dernieret dont les ventes, pour plus de la moitié hors d'Europe, ont souffert ces derniers mois des vents contraires sur les marchés internationaux. Or, M. Ghosn était à la fois président et directeur général de Renault mais aussi président de Nissan et de l'autre allié japonais Mitsubishi, alors que M. Senard n'est que président de Renault. Mais le "Rama" prévoit que Nissan soit informé, le plaçant dans une situation impossible.

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