L’ex-Premier ministre Ouyahia écroué — Algérie

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L'ancien Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, proche du président déchu Abdelaziz Bouteflika, a été placé mercredi en détention provisoire à l'issue de son audition par un juge d'instruction, a annoncé la télévision nationale, sans donner de détail sur les faits qui lui sont reprochés.

Ouyahia fait partie d'un groupe de 12 anciens hauts responsables du gouvernement poursuivi "pour des faits punis par la loi relative à la conclusion de marchés publics et de contrats contraires à la réglementation et les lois en vigueur", avait précisé la Cour suprême dans un communiqué.

L'ex premier ministre d'Ahmed Ouyahia vient d'arriver à la Cour suprême, sise à El Biar, sur les hauteurs d'Alger.

Âgé de 66 ans, il a été quatre fois Premier ministre, dont trois sous la présidence de M. Bouteflika (1999-2019), qui a démissionné le 2 avril, après 20 ans au pouvoir, face à une contestation sans précédent.

En application des dispositions de l'article 573 du code de procédure pénale, le parquet général près la Cour d'Alger avait transmis à monsieur le procureur général près la Cour suprême, le dossier d'enquête préliminaire instruite par la police judiciaire de la gendarmerie nationale d'Alger, pour des faits à caractère pénal, à l'encontre des nommés: Zaalane Abdelghani, Tou Amar, Talaï Boudjemaa, Ghoul Amar, Benyounes Amara, Bouazgui Abdelkader, Djoudi Karim, Bouchouareb Abdesslam, Zoukh abdelkader, Khanfar Mohamed Djamel, Sellal Abdelmalek et Ouyahia Ahmed, avait expliqué le Parquet général près la Cour d'Alger. L'ex-Premier ministre est également cité dans l'affaire Mahieddine Tahkout.

Le Parquet n'a pas dévoilé les noms des 11 personnalités, indiquant simplement qu'y figurent un ancien Premier ministre et des anciens ministres, en plus d'un ministre en poste et de cinq anciens walis et deux en fonctions. Ahmed Ouyahia a été entendu par un magistrat du tribunal d'Alger dans cette affaire Takhout, selon l'agence de presse officielle APS.

Certains observateurs craignent que ces enquêtes servent le double objectif d'offrir des "têtes " à la contestation - qui qualifie depuis le 22 février les dirigeants algériens de "gang " de "voleurs " ayant "pillé le pays " - tout en favorisant une purge dans le cadre de luttes de clans au sommet.

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