La France rapatrie douze enfants de djihadistes détenus en Syrie

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Les autorités kurdes estiment qu'un autre groupe d'orphelins français pourrait être remis prochainement à la France. "Ils sont arrivés lundi à Paris, a confirmé le Quai d'Orsay, précisant que ces enfants français étaient tous des " orphelins, isolés et particulièrement vulnérables " dont " certains sont malades et dénutris ".

Ils sont âgés pour la plupart de moins de 6 ans, le plus âgé a 10 ans.

Au Kurdistan syrien, Abdel Karim Omar, haut responsable des Affaires étrangères de l'administration autonome kurde, non reconnue par la communauté internationale, avait auparavant indiqué que "12 orphelins français issus de familles de l'EI" avaient été remis "à une délégation du ministère français des Affaires étrangères".

Ils avaient été remis dimanche par les autorités locales kurdes en Syrie à une délégation française.

La remise des orphelins français s'est déroulée dans la localité d'Aïn Issa. Leur mère, emprisonnée en Syrie, a donné son autorisation pour que leur rapatriement se fasse sans elle.

Fin mai 2019, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a annoncé qu'environ 450 ressortissants français affiliés au groupe terroriste Daech* étaient détenus par les Kurdes ou retenus dans des camps dans le nord-est de la Syrie.

Les autorités kurdes administrent des camps dans le nord-est de la Syrie où vivent des milliers de femmes et enfants de djihadistes étrangers et réclament, depuis plusieurs mois, leur rapatriement. Mais les pays concernés, notamment en Europe, rechignent à récupérer les femmes, et gèrent souvent au cas par cas le retour des enfants.

Des orphelins avaient aussi été remis à la Norvège, et environ 150 femmes et enfants à l'Ouzbékistan.

Deux Américaines et six enfants, issus de familles liées à l'EI en Syrie, avaient été rapatriés la semaine dernière aux Etats-Unis. Selon Le Parisien, il y aurait parmi eux la fille et le garçon de Yassine Sakkam, originaire de Lunel, dans l'Hérault, qui fait partie des onze Français récemment condamnés à mort en Irak.

A leur retour en France, les enfants devraient être admis dans une structure hospitalière pour des examens médicaux, notamment psychologiques, avant d'être pris en charge par l'aide sociale à l'enfance (ASE) dans le cadre d'une ordonnance de placement provisoire, valable 10 jours. Avant le terme de ce délai, un juge doit statuer sur leur avenir après avoir organisé une audience.

Mais une autre avocate de familles françaises, Marie Dosé, à l'origine de plusieurs recours pour tenter d'obtenir ces retours, a dénoncé des "rapatriements au compte-goutte" qui "conduisent à des discriminations inexplicables et injustifiées entre des enfants qui ne sont responsables de rien". Le magistrat décidera ensuite de leur capacité à accueillir ces enfants qu'ils rencontrent parfois pour la première fois.

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