Face à la "marée blanche" historique, les autorités persistent — Hong Kong

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Les organisateurs ont revendiqué un million de manifestants, ce qui en ferait la plus importante manifestation en trois décennies, de loin la plus grande depuis la rétrocession en 1997. Les changements en perspective sur la question des extraditions visent à simplifier les procédures permettant d'envoyer des suspects vers des pays ou territoires tiers comme la Chine continentale, Macao et Taiwan, en plus des 20 pays avec lesquels Hongkong dispose déjà de conventions d'extradition. Alors que la marche s'était déroulée sans incident, des heurts ont éclaté peu après minuit.

Dans un communiqué publié dimanche soir, le gouvernement a vu dans la manifestation "un exemple de la façon dont les habitants de Hong Kong exercent leur liberté d'expression". "Si le gouvernement continue d'ignorer l'opinion de plus d'un million de personnes, comment peut on dire que Hong Kong est un territoire libre", interrogeait dans la soirée Philip Leung, 23 ans, devant le spectacle des affrontements avec la police. Mais il n'a donné aucun signe de compromis, appelant les parlementaires à continuer de discuter du texte. Beaucoup redoutent ainsi une utilisation "politique " des extraditions par Pékin.

Une frange de la population se méfie de plus en plus des intentions du gouvernement chinois, en particulier sous Xi Jinping, et de l'exécutif hongkongais. La semaine dernière, les avocats avaient aussi manifesté. Les milieux d'affaires sont également montés au créneau, venant s'ajouter aux critiques exprimées par les Etats-Unis, le Canada, l'ancienne puissance coloniale britannique et de nombreux autres gouvernements européens.

L'ampleur de la manifestation n'a cependant pas dissuadé la cheffe de l'exécutif local, Carrie Lam, qui a réaffirmé lundi que le Conseil législatif (LegCo) -le "parlement" hongkongais dominé par les forces loyales à Pékin- examinerait comme prévu mercredi ce texte en deuxième lecture.

Mais ses détracteurs affirment que ce dossier de meurtre n'est qu'un prétexte pour satisfaire Pékin.

C'est une loi très importante qui va permettre de faire triompher la justice et assurera que Hong Kong respecte ses obligations internationales en matière de criminalité transfrontalière et transnationale, a déclaré Mme Lam.

Ignorer l'ampleur de l'hostilité au projet de loi pourrait attiser la colère, voire relancer une mobilisation comparable au "Mouvement des Parapluies" de 2014.

"Pékin a promis, ce lundi, de " soutenir fermement " le gouvernement de Hong Kong, alors que la presse chinoise officielle a imputé la responsabilité des énormes manifestations à des " forces étrangères ", accusant notamment les opposants politiques de " collusion avec l'Occident ".

Au terme de l'accord de 1984 entre Londres et Pékin qui a présidé à sa rétrocession en 1997, Hong Kong jouit d'une semi-autonomie et de libertés n'existant pas en Chine continentale et ce, en théorie, jusqu'en 2047.

La suspicion envers la Chine est renforcée par une série de disparitions de personnalités critiques envers le pouvoir chinois, dont un groupe d'éditeurs dissidents et un milliardaire, qui sont ensuite réapparues en détention sur le continent.

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