Au G20 Finances, avertissements tous azimuts sur les tensions commerciales

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"Clairement, les tensions commerciales représentent un risque majeur à l'horizon", a-t-elle souligné dans une interview au quotidien économique japonais " Nikkei ". Des avancées ont été réalisées sur la taxation des Gafa, les géants du numérique, les ministres des plus grandes économies du monde ont promis de redoubler d'efforts pour mettre en place un système fiscal plus juste.

Les ministres des Finances et banquiers centraux des pays du G20 ont déclaré dimanche que les tensions commerciales et géopolitiques s'étaient "intensifiées", faisant peser des risques sur le redressement de la croissance mondiale, mais ils ne sont pas allés jusqu'à appeler à une résolution du conflit en cours entre Etats-Unis et Chine sur le commerce.

C'est une petite ligne dans le communiqué final mais qui a suscité des délibérations longues et "compliquées", d'après des participants.

La voix dissonante est venue des semeurs de trouble, ceux qui ont bouleversé l'ordre multilatéral: les Etats-Unis.

"De nombreux pays ont exprimé leurs inquiétudes quant aux très importants risques que posent une escalade de la guerre commerciale pour la croissance mondiale", a-t-il déclaré à la presse, à l'issue des premières sessions de travail. Tout en réitérant la menace d'infliger à la Chine des droits de douane supplémentaires, Steven Mnuchin, secrétaire américain au Trésor, a dit ne pas voir dans ce conflit commercial la cause de l'essoufflement mondial. "Mais je ne pense en aucun cas que le ralentissement observé dans plusieurs régions du monde soit la conséquence des tensions commerciales", a-t-il dit aux journalistes samedi.

Cette double approche a été défendue par les ministres français et britannique des Finances, Bruno Le Maire et Philip Hammond.

Même son de cloche chez Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). Avant de rajouter: " nous redoublerons d'efforts pour trouver une solution consensuelle, avec un rapport définitif d'ici 2020 ". Le FMI estime que les surtaxes imposées par Washington et Pékin, pourraient réduire le PIB mondial de 0,5% l'an prochain.

Les divergences restent toutefois fortes sur les moyens d'application, Washington privilégiant une approche très large ne se limitant pas au secteur numérique.

L'idée est de taxer Facebook, Google et autres multinationales du numérique non plus en fonction de la présence physique, de l'endroit où se situent leurs bureaux, mais de là où elles enregistrent leurs revenus. Finalement, les vingt principales économies mondiales se sont mises d'accord sur la nécessite d'établir d'ici 2020 des règles communes pour en finir avec les niches fiscales dont bénéficient les GAFA pour minimiser leurs impôts, selon la version finale du communiqué du G20, consultée par Reuters.

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