Les Européens "sont mal placés pour critiquer l'Iran", dit Téhéran

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Celle-ci avait été évoquée par Emmanuel Macron, mais l'Iran estime qu'un élargissement de l'accord existant, signé en 2015, signerait son échec.

L'accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015 entre Téhéran est six puissances, dont l'Allemagne, est "d'une importance capitale" pour l'Europe, pour des raisons de sécurité, a-t-il ajouté.

"Le fait de soulever des questions en dehors du JCPOA (accord nucléaire) ne contribue pas à la sauvegarde du JCPOA mais augmentera au contraire la méfiance des (Etats) toujours parties" à l'accord, a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Abbas Moussavi, dans un communiqué publié sur le site de son ministère.

Aux termes de l'accord, l'Iran s'est engagé à ne jamais chercher à se doter de la bombe atomique et a accepté de réduire drastiquement son programme nucléaire en échange de la levée d'une partie des sanctions économiques internationales qui asphyxiaient son économie.

"En mai, un an après le retrait américain, Téhéran a menacé de s'affranchir progressivement de l'accord de Vienne à moins que ses partenaires, en particulier européens, ne l'aident à contourner les sanctions américaines". Les États-Unis se sont unilatéralement retirés de cet accord en mai 2018. Washington aussi souhaite que cette activité soit davantage contrôlée.

Washington accuse l'entreprise de fournir un soutien financier au corps des gardiens de la Révolution, l'unité d'élite de l'armée qui supervise les programmes nucléaires et balistiques du pays. Téhéran a opposé vendredi une nouvelle fin de non-recevoir à l'idée défendue par le président français Emmanuel Macron d'un nouvel accord avec l'Iran qui viendrait élargir l'accord de Vienne en intégrant notamment des éléments qui limiteraient l'activité balistique de Téhéran ou sa politique de voisinage, que les Occidentaux jugent " déstabilisatrice ".

Le fait d'élargir l'accord "aiderait seulement l'Amérique à se rapprocher de son objectif, qui est l'effondrement du JCPOA", a affirmé Abbas Moussavi.

De leur côté, les États-Unis poursuivent leur stratégie en imposant depuis vendredi de nouvelles sanctions à l'Iran, visant spécifiquement son secteur pétrochimique, a annoncé le département américain du Trésor.

Le chef de la diplomatie allemande à la rescousse de l'accord sur le nucléaire iranien. le ministre des affaires étrangères allemand Heiko Maas a atterri à Téhéran ce lundi pour rencontrer au nom des Européens son homologue Mohammad Javad Zarif et le président iranien Hassan Rohani.

La résolution 2231 appelle l'Iran "à n'entreprendre aucune activité liée à des missiles balistiques CONÇUS pour pouvoir lancer des armes NUCLÉAIRES", a-t-il écrit sur Twitter, ajoutant que "nos missiles ne sont pas "conçus" pour la bombe nucléaire, que nous ne développons pas".

L'Iran et les Etats-Unis n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980 et leurs rapports se sont envenimés après l'arrivée au pouvoir du président Trump.

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