Maladies cardiovasculaires, cancers : le danger des plats "ultratransformés"

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Cependant, il ne sont pas sans risques pour la santé.

Dans cette étude, les " aliments ultra-transformés " comprennent les sodas sucrés ou édulcorés, les légumes marinés conservés avec l'addition de sauces contenant des additifs alimentaires (agent sucrant, colorant, texturant, conservateur), les steaks végétaux reconstitués avec l'ajout d'additifs, les confiseries et barres chocolatées et tous les produits transformés avec ajout de conservateurs autre que le sel. C'est le cas de la plupart des plats prêts à réchauffer, des viandes fumées et nitritées (saucisses, jambon), des soupes déshydratées, des snacks et des pâtes à tartiner. Les aliments ultra-transformés se sont avérés être associés à un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires (1409 cas sur les 105.159 participants).

Ces nouveaux travaux renforcent les arguments d'études précédentes liant les plats hautement transformés à un risque accru d'obésité, d'hypertension artérielle, voire de cancers. Ce type d'aliments représente plus de la moitié des apports énergétiques dans de nombreux pays occidentaux, selon l'Inserm.

Les aliments sont considérés comme ultra-transformés lorsqu'ils ont subi des procédés industriels de transformation avec, par exemple, de l'huile hydrogénée, de l'amidon modifié...

Les deux études sont parues dans le British Medical Journal (BMJ).

Leurs conclusions sont basées sur 105'159 Français adultes (21% d'hommes; 79% de femmes), âgés de 43 ans en moyenne, qui ont rempli six questionnaires diététiques sur 24 heures pour mesurer la consommation habituelle de 3300 aliments différents, dans le cadre d'une étude de NutriNet-Santé. Crédits: Anaïs Rico-Campà et al.

Les cas ayant consommé 15 % à 25 % supplémentaires d'aliments ultra-transformés ont 12 % de risque de maladies cardiovasculaires.

Les aliments ont été regroupés en fonction du degré de transformation et les taux de maladie ont été mesurés sur un suivi maximal de 10 ans (2009-2018).

L'étude de Maira Bes-Rastrollo (Université de Navarre, Pampelune, Espagne) et ses collègues évalue les associations possibles entre l'ingestion d'aliments ultra-traités et le risque de décès quelle qu'en soit la cause. D'après celle-ci, une consommation plus élevée d'aliments ultra-transformés (4 portions et plus par jour) est associée à un risque accru de mortalité de 62 %, toutes causes confondues, comparativement à une consommation moindre (2 portions par jour). "Il ne faut pas être alarmiste et dire que si on consomme de temps en temps un plat ultra-transformé ou un soda, on augmente son risque de faire un accident cardiaque de 12%".

Impossible d'établir un lien de cause à effet par cette étude observationnelle. Néanmoins, les deux études ont pris en compte des facteurs de risque liés au mode de vie bien connus et des indicateurs de qualité alimentaire.

Cette étude va dans le sens de Santé Publique France qui recommande de limiter la consommation de ces aliments ultra-transformés. Des chercheurs australiens soutiennent ce point de vue, affirmant que les conseils diététiques sont relativement simples: mangez moins d'aliments ultra-transformés et davantage d'aliments non transformés ou peu transformés. Franceinfo dresse la liste des effets délétères sur la santé des aliments ultra-transformés qui ont déjà été relevés par des chercheurs.

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