Une ovation de 8 minutes à Cannes — Xavier Dolan

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C'est le cas de Xavier Dolan, ex-chouchou du Festival de Cannes (après la projection de "Mommy") devenu un vilain petit canard pour une partie de la critique (souvenez-vous des sifflets qui avaient accueilli "Juste la fin du monde"), sans que l'on comprenne vraiment ce qui a fondamentalement changé dans son cinéma. Avec cette fiction, tout se passe comme si Dolan, soucieux de reprendre sa carrière à zéro, désirait tourner un nouveau premier film.

Deux amis d'enfance s'embrassent pour les besoins d'un court métrage amateur. Un bisou pour de faux, déclenché au hasard d'un pari, qui sème manifestement un trouble très pénétrant dans la relation des deux garçons sur le point de se dire au revoir, autant que dans le projet de vie hétéro-bureau-dodo de Matthias. Une sorte de big-bang intime qui ne tarde pas à dynamiter leur existence.

Comme pour "Tom a la ferme", il est derrière et devant la caméra, jouant le rôle de Maxime, un jeune homme aux relations conflictuelles avec sa mère qui part s'installer en Australie. Les anti-Dolan crieront au film narcissique de plus, les pro-Dolan seront eux en terrain conquis.

Le réalisateur québécois Xavier Dolan signe son meilleur film depuis "Mommy", l'histoire d'une amitié contrariée par la naissance d'un sentiment amoureux. Le cinéaste, en panne d'inspiration, enchaîne les scènes échevelées où il laboure les mêmes sillons thématiques qu'à l'accoutumée (la crise familiale, l'identité sexuelle, le désir d'échappée belle) et cherche par tous les moyens - gros plans sur les mines déconfites de ses héros, bande son assourdissante, dialogues interminables - à susciter l'émotion du spectateur.

Deux heures plus tôt, Dolan avait effectué la traditionnelle montée des marches du Palais des Festivals au son de la chanson 1990 de Jean Leloup, en compagnie des acteurs de son film, Gabriel D'Almeida Freitas, Pier-Luc Funk, Samuel Gauthier, Adib Alkhalidey, Antoine Pilon et Catherine Brunet.

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