Suède : le parquet requiert un mandat d'arrêt contre Assange, accusé de viol

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La demande a été déposée auprès du tribunal d'Uppsala qui, selon la procédure suédoise, doit statuer au plus tard le lendemain de sa saisine.

Un mandat pour arrêter le fondateur de WikiLeaks, soupçonné de viol, a été demandé lundi 20 mai par un procureur suédois, a fait savoir le ministère public du pays, cité par Reuters.

Cette affaire remonte à 2010 lorsque Julian Assange a été accusé par deux femmes d'agression sexuelle, de coercition et de viol.

Eva-Marie Persson, procureure générale adjointe, a demandé au tribunal de district d'Uppsala, au nord de Stockholm, d'"ordonner l'arrestation d'Assange par contumace pour le motif de viol présumé", a précisé la chaîne publique SVT. "Depuis qu'il est incarcéré à Londres, je n'ai même pas encore réussi à établir un contact par téléphone", a déclaré Per E Samuelson à l'AFP.

La justice américaine souhaite, elle aussi, une extradition de Julian Assange pour "piratage informatique" après la diffusion en 2010 sur le site WikiLeaks de centaines de milliers de documents confidentiels, dont des rapports militaires sur l'Afghanistan et l'Irak ainsi que des notes diplomatiques.

La magistrate délivrera un mandat d'arrêt européen pour que Julian Assange soit remis à la justice suédoise, a-t-elle dit.

Julian Assange, 47 ans, a été arrêté à l'ambassade d'Equateur à Londres le 11 avril après que Quito lui avait retiré l'asile. Julian Assange s'oppose à son extradition vers les Etats-Unis.

Mais dès 2011, les cinq journaux (dont The New York Times, The Guardian et Le Monde) associés à WikiLeaks avaient condamné les méthodes douteuses de la plateforme, qui rend publics des télégrammes du département d'Etat américain non expurgés.

Tandis que la justice suédoise avait abandonné les poursuites en 2017, faute de pouvoir faire avancer l'enquête pour viol, l'arrestation spectaculaire d'Assange à Londres avait ravivé l'espoir de la plaignante et de son avocate de le voir remis à la Suède en vue d'un procès avant la prescription en août 2020. Âgée d'une trentaine d'années à l'époque des faits, en 2010, elle avait rencontré son agresseur présumé lors d'une conférence de WikiLeaks à Stockholm. Julian Assange a toujours soutenu qu'elle était consentante et avait accepté de ne pas utiliser de préservatif.

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