Rallye et Casino suspendus, une restructuration de dette attendue

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Les titres de Finatis et Foncière Euris, deux autres holdings liées au groupe de distribution, ont aussi été suspendus de cotation.

"Dans un contexte persistant d'attaques spéculatives et massives dont les titres du groupe font l'objet, les sociétés en sauvegarde entendent assurer dans le cadre de ces procédures l'intégrité du groupe et consolider leur situation financière dans un environnement stabilisé", a annoncé Rallye dans un communiqué.

Deux administrateurs judiciaires, Me Hélène Bourbouloux et Me Frédéric Abitbol, ont été nommés par le tribunal.

Les actions Rallye, la maison-mère de Casino, sont suspendues de cotation ce matin à la Bourse de Paris. La société, ses filiales et ses sociétés mères présentent une dette financière évaluée fin décembre à presque 3,3 milliards d'euros. Et précise que la cotation des sociétés concernées reprendra demain à l'ouverture des marchés.

De plus, une partie croissante des emprunts de Rallye sont nantis en titres Casino, ce qui fait que plus le titre Casino recule, plus la pression sur son bilan s'accroît, ce qui pèse encore plus sur Casino et ses holdings.

La situation financière de Rallye était critique. Rallye cède 15,6% sur la période après avoir clôturé sur un plus bas historique mercredi.

Le 13 mai, les analystes de Kepler Cheuvreux avaient dégradé leur opinion sur Casino, de "conserver" à "alléger", évoquant le risque de faillite de la maison-mère Rallye.

De son côté, Casino, dont la notation financière a été encore dégradée par les agences S&P et Moody's en avril, a accru son programme de ventes d'actifs sans pour autant parvenir à rassurer les investisseurs. L'endettement général de la cascade de holdings reste un obstacle majeur et Casino ne dégage pas suffisamment de trésorerie en France pour sortir de cette spirale.

L'objectif de génération de trésorerie de 500 millions d'euros par an qu'il s'est fixé pour les trois ans suffit tout juste à couvrir ses intérêts et les dividendes à verser à Rallye, selon certains analystes. Et ce, en dépit d'importantes cessions d'actifs consenties par Casino.

Par ailleurs, la nouvelle vague de ventes d'actifs engagée depuis 2018 (essentiellement des murs de magasins) constitue à leurs yeux une menace, à terme, pour sa rentabilité compte tenu du poids des loyers qu'elle va engendrer dans un marché français particulièrement difficile.

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