Huawei isolé, la Chine se plaint du "harcèlement" américain — Télécoms

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Un délai de 90 jours a été accordé par Washington, mais plusieurs groupes ont préféré prendre les devants face aux incertitudes planant désormais sur les produits Huawei.

Le socle de cette affirmation avait été remis en question par une étude relevant qu'un opaque syndicat y détient un important pouvoir de décision et que ce dernier est relié au gouvernement chinois.

Son fondateur, Ren Zhengfei (par ailleurs ancien cadre de l'Armée populaire chinoise), avait encore affirmé l'indépendance de son entreprise vis à vis du pouvoir chinois ces derniers mois lorsque les Etats-Unis se sont montrés plus menaçants vis à vis de Huawei.

Ce nouveau coup dur pour le fabricant chinois intervient alors que Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, fait de Huawei l'entreprise à abattre, dans un entretien avec le journal hongkongais " South China Morning Post ".

Alors que les problèmes de Huawei aux Etats-Unis font la Une de l'actualité dans le monde, les chinois s'organisent pour apporter une réponse forte aux américains: de plus en plus d'internautes appellent au boycott d'Apple, le rival américain de Huawei, qui est énormément dépendant du marché chinois. Ce leur est imposé par la législation chinoise.

"Ce n'est qu'alors que les pourparlers pourront continuer", a lancé, de son côté, le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Gao Feng.

Le japonais Toshiba va pour sa part "suspendre" temporairement ses livraisons à Huawei, le temps de procéder aux vérifications nécessaires, selon un porte-parole. Mercredi, les opérateurs japonais KDDI et Softbank Corp ont ainsi décidé de reporter la mise en vente de smartphones Huawei, ces appareils risquant de perdre une grande partie de leur intérêt sans l'apport de technologies américaines.

Ces annonces représentent de nouveaux revers pour Huawei, après l'annonce dimanche de Google: le mastodonte américain a fait savoir que son système Android, qui équipe l'immense majorité des téléphones dans le monde, n'équiperait plus les futurs smartphones du groupe chinois.

Pourrait s'ajouter à la liste un autre britannique, ARM. Le groupe, qui conçoit des semi-conducteurs utilisés par tous les industriels des télécoms, risque de cesser lui aussi de travailler avec le géant chinois, selon la BBC, qui se base sur des documents internes à l'entreprise.

Huawei, contraint de se passer du système d'exploitation Android pour ses téléphones portables, travaille sur son propre système concurrent qui pourrait être prêt en Chine avant la fin de l'année, a rapporté jeudi le média d'information financière CNBC.

Le Fonds monétaire international a une nouvelle fois mis en garde contre les conséquences néfastes de la guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales pour la croissance.

À l'international, le système serait disponible en début d'année prochaine, a indiqué Richard Yu.

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