Vincent Lambert et les fanatiques

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Lundi soir, la cour d'appel de Paris a ordonné à la surprise générale la reprise des traitements que l'hôpital de Reims (Marne) avait entrepris de suspendre sur ce patient tétraplégique en état végétatif depuis onze ans.

"On a en France une loi qui est solide, mais qui n'est pas appliquée", a expliqué le médecin, citant le chiffre de "13% de Français" ayant rédigé leurs directives anticipées (en réalité 13% des plus de 50 ans, selon un sondage BVA, NDLR).

Les directives anticipées, qu'est-ce que c'est? L'usage de ce vocabulaire outrancier, agressif et vulgaire confirme ce qu'on sait depuis le début: les parents Lambert, membre d'une secte illuminée d'intégristes catholiques, la Fraternité Saint Pie X, avec laquelle Vincent Lambert avait rompu brutalement, ont instrumentalisé la souffrance de leur fils dans le but d'imposer leurs principes obscurantistes et de porter haut les dogmes dont ils sont les croisés enfiévrés. Toute personne majeure peut les rédiger mais il n'y a aucune obligation. Ils peuvent seulement y déroger "en cas d'urgence vitale le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation" ou lorsqu'ils apparaissent "manifestement inappropriés ou non conforme à la situation médicale".

La volonté de Vincent Lambert? On peut les conserver à l'endroit que l'on souhaite, tant qu'elles sont facilement accessibles et que l'entourage et les médecins savent où les trouver. On peut aussi les enregistrer dans son dossier médical partagé (DMP, un carnet de santé numérique) si on en a ouvert un.

Selon le président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), seuls 13% des Français ont pris la peine de rédiger ces consignes. Des limites de l'acharnement thérapeutique, du débat sur la fin de vie. Le document permet aux médecins de prendre des décisions si vous ne pouvez plus formuler vos volontés.

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