Combats violents au sud de Tripoli, crainte d'une

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Des combats ont eu lieu notamment dans le quartier de Salaheddine, en banlieue sud où les forces pro-GNA ont gagné du terrain, selon leur porte-parole Moustafa al-Mejii.

L'armée du maréchal Khalifa Haftar et le Gouvernement d'union nationale, qui n'arrivent pas à se départager sur le terrain militaire, recourent à d'autres moyens, notamment économiques, pour s'allier des franges de la population.

Selon des diplomates, lors de discussions mardi à huis clos après la réunion publique du Conseil de sécurité, l'idée à l'origine française de séparer aux abords de Tripoli les belligérants en établissant un " couloir " a été évoquée.

" Je ne suis pas Cassandre, mais la violence à la périphérie de Tripoli n'est que le début d'une longue et sanglante guerre sur la rive sud de la Méditerranée, mettant en péril la sécurité des voisins immédiats de la Libye et de la région plus large de la Méditerranée", a prévenu Ghassan Salamé. Si tous les membres du Conseil de sécurité ont fait mardi publiquement assaut de compliments pour soutenir Ghassan Salamé, la réunion à huis clos n'a pas permis d'y voir beaucoup plus clair sur qui soutient qui, selon un diplomate ayant assisté aux discussions. Plus de 75.000 personnes ont aussi été obligées de fuir et plus de 100.000 personnes sont prises au piège des combats aux abords de Tripoli, d'après l'ONU. La ligne de délimitation créée serait garantie par un mécanisme international à définir.

Face au conflit, le positionnement des Occidentaux, Etats-Unis en tête, et de la Russie reste ambigu.

Selon Ghassan Salamé, l'embargo n'empêche pas l'arrivée en masse des armes en Libye. " Des pays alimentent ce conflit sanglant et les Nations unies doivent y mettre un terme ", a-t-il demandé, sans citer de noms.

Emmanuel Macron a rappelé que l'approvisionnement illégal d'armes en Libye était une violation de l'embargo de l'Onu, a fait savoir l'Élysée cité par Reuters.

Côté américain, un entretien téléphonique à la mi-avril entre le président Donald Trump et Khalifa Haftar a provoqué des spéculations sur le camp choisi par Washington.

Le maréchal Haftar est accusé par ses détracteurs de recevoir un soutien militaire, notamment des dizaines de blindés, des Emirats arabes unis et de l'Egypte. Il y a quelques semaines, l'émissaire de l'ONU avait critiqué les approches divergentes de la communauté internationale qui n'a pas réussi en avril à s'entendre sur une résolution britannique réclamant un cessez-le-feu.

Ghassan Salamé a appelé le Conseil de sécurité à prendre ses responsabilités en exhortant les parties libyennes à s'engager dans une cessation complète des hostilités et à revenir dans le processus politique inclusif mené par l'ONU. "Après quarante-huit jours d'attaque de Tripoli par les forces du général Haftar, il y a déjà eu trop de morts et de destruction", a-t-il déclaré.

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