Macron défie Marine Le Pen, une stratégie risquée — Edito Européennes

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À neuf jours des élections européennes, Emmanuel Macron a de nouveau pilonné samedi le RN, en présentant ses élus au Parlement européen comme "les sortants" dont le bilan "est une catastrophe pour le pays comme pour l'Europe".

La formation de Marine Le Pen marque notamment des points auprès des sympathisants de La France insoumise: avec 36 % d'opinions favorables, ils sont sept fois plus nombreux qu'il y a quatre ans à avoir une bonne opinion du RN et trois fois plus nombreux (et majoritaires, à 56 %) à le percevoir comme un parti comme les autres. "J'avais déjà eu l'occasion de dire qu'Emmanuel Macron semblait être frappé par le syndrome de l'enfant roi, une sorte de conviction de surpuissance, une intolérance à la frustration et un désir absolu de ne respecter aucune limite et aucune règle" en s'engageant dans la campagne électorale, a dénoncé Marine Le Pen lors d'une conférence de presse, avant un grand meeting des nationalistes européens à Milan, dans le nord de l'Italie. "En attaquant le premier parti d'opposition aussi violemment, il fait preuve d'un comportement anti-républicain", a-t-elle estimé, appelant une nouvelle fois le président " à partir", " s'il n'arrive pas en tête " le 26 mai prochain.

Selon elle, le bilan du groupe auquel appartient le président de la République est " terrifiant ". Nous ne voulons plus de cette Union européenne qui fait souffler sur l'Europe les vents mauvais de la mondialisation sauvage.

Ça y est. Le président Macron s'engage à fond dans la bataille des européennes.

De leur côté, les responsables de la liste de la majorité (LREM) en France ont fustigé samedi la présence à Paris de Steve Bannon, ex-stratège de Donald Trump venu soutenir le RN de Marine Le Pen en vue des européennes. S'il perd, les conséquences seront lourdes pour la suite du quinquennat.

Le chef de l'Etat a assuré qu'il allait continuer à s'exprimer sur l'Europe d'ici au 26 mai, mais en indiquant ne pas savoir sous quelle forme (entretien à des journaux, intervention sur des réseaux sociaux.) Ses déclarations ont suscité la colère dans les rangs du Rassemblement national.

Emmanuel Macron avait sonné la charge le 9 mai à Sibiu (Roumanie), affirmant qu'il ferait "tout" pour empêcher le RN d'arriver en tête au scrutin, comme en 2014.

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