L'Usine Aéro: 737 MAX] Boeing passe aux aveux, sa crédibilité en jeu

Share

Boeing a reconnu samedi des défauts dans les simulateurs de vols du 737 MAX, une première pour le fabricant depuis les deux catastrophes aériennes qui avaient fait 346 morts. "La révélation d'un problème avec le logiciel du simulateur porte un coup supplémentaire à la crédibilité de la marque Boeing", résume le Financial Times.

Hier, l'avionneur américain a confirmé avoir révisé le logiciel de simulation destiné à reproduire les conditions de vol et avec lesquels sont formés les pilotes.

L'explication de ce bug du logiciel pourrait s'expliquer par le fait que les simulateurs de formation des pilotes, dans la majorité des compagnies aériennes, étaient à l'origine conçus pour un autre appareil de la famille 737, le 737 NG, ancienne version du 737 MAX. "Boeing est en train de travailler étroitement avec les fabricants du système et les régulateurs sur ces modifications et améliorations, pour s'assurer que la formation (des pilotes) par les (compagnies) clientes ne soit pas perturbée", assure le groupe de Chicago. Certains experts évoquent quant à eux, depuis mois, d'un "manque d'informations" vis à vis des utilisateurs, car à y regarder de près, les simulateurs employés par les compagnies aériennes remplissaient bien leur rôle, mais ils reproduisaient les performances et le fonctionnement du 737 NG et non du 737 MAX.

La compagnie aérienne américaine Southwest, cliente majeure du 737 MAX, a indiqué samedi à l'AFP qu'elle ne devrait recevoir un simulateur spécifique au MAX qu'"en toute fin d'année".

Il n'existe actuellement qu'un seul simulateur spécifique au 737 MAX aux Etats-Unis et il est la propriété de Boeing, selon une documentation de l'agence fédérale de l'aviation (FAA). Il est basé à Miami, en Floride (sud-est). Boeing avait souligné que les différences avec le NG étaient minimes et pouvaient être comblées par une simple formation supplémentaire sur ordinateur et en ligne des pilotes. Début mai, l'avionneur américain avait précisé avoir effectué plus de 360 heures sur 207 vols d'essais à bord d'un 737 MAX.

Cet aveu contribue à ternir encore un peu plus l'image de l'avionneur, qui répète depuis des semaines que cet accident, comme celui de Lion Air le 29 octobre dernier (189 morts), est dû à une " chaîne " d'évènements pouvant inclure des erreurs des pilotes. Ce qui ne l'a pas empêché d'apporter des correctifs au MCAS pour obtenir une nouvelle certification de vol du 737 MAX, dont tous les modèles sont cloués au sol pour le moment.

Share