MAX: Boeing reconnaît des défauts dans le logiciel des simulateurs de vol

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Pour la première fois, samedi, Boeing a reconnu des défauts liés aux avions 737 MAX, impliqués dans deux catastrophes aériennes ayant fait 346 morts. "Quand on coupe un moteur ou que l'on a un problème hydraulique quel qu'il soit, les pilotes doivent savoir le gérer en simulateur de vol, car ça veut dire qu'ils savent le gérer dans la réalité, et ils doivent obtenir des automatismes très rapides de cette manière-là", détaille Xavier Tytelman, consultant aéronautique.

Après les corrections apportées au logiciel du simulateur de vol, Boeing a livré des informations supplémentaires aux exploitants du système pour s'assurer que l'expérience soit représentative des différentes conditions de vol, estimant que les corrections vont améliorer la formation des pilotes sur simulateur.

L'explication de ce bug du logiciel pourrait s'expliquer par le fait que les simulateurs de formation des pilotes, dans la majorité des compagnies aériennes, étaient à l'origine conçus pour un autre appareil de la famille 737, le 737 NG, ancienne version du 737 MAX. Boeing n'a pas indiqué la date à laquelle il s'était aperçu des défauts et s'il en avait aussitôt informé les régulateurs.

La compagnie aérienne américaine Southwest, cliente majeure du 737 MAX, a indiqué samedi à l'AFP qu'elle ne devrait recevoir un simulateur spécifique au MAX qu'"en toute fin d'année".

Il n'existe actuellement qu'un seul simulateur spécifique au 737 MAX aux Etats-Unis et il est la propriété de Boeing, selon une documentation de l'agence fédérale de l'aviation (FAA).

Cet accident, quelques minutes seulement après le décollage, a fait 157 morts.

Seul hic, le 737 NG ne dispose pas de MCAS, spécialement conçu pour le 737 MAX afin de corriger une anomalie aérodynamique liée à une motorisation plus lourde et à protéger l'avion du risque de décrochage.

Or, c'est précisément un dysfonctionnement ou une mauvaise manipulation de ce correcteur d'assiette qui serait à l'origine du crash d'Ethiopian Airlines. Le rapport d'enquête préliminaire sur le crash d'Ethiopian Airlines avait révélé que le commandant de bord et son copilote, quoique jeunes (29 et 25 ans) et pour le copilote peu expérimenté (361 heures de vol), avaient appliqué toutes les procédures d'urgence. Lors de la vente des 737 Max, le constructeur avait précisé aux compagnies que ces appareils nécessitaient un besoin minimal de formation pour les pilotes. Le pilotage automatique a été, à un moment, désactivé et les pilotes ont à plusieurs reprises tenté en vain de redresser manuellement l'avion qui partait en piqué.

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