Washington nie toute volonté d'entrer en guerre contre l'Iran

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En voyage en Russie, le secrétaire d'Etat américain a été reçu par Vladimir Poutine.

M. Pompeo a souligné que Washington et Moscou avaient certes des positions différentes sur certaines questions, mais partageaient également certains intérêts, et étaient capables de coopérer et de travailler ensemble de manière productive. "Ce sont des choses sur lesquelles nous pouvons nous baser".

L'occasion était tout indiquée pour Washington et Moscou de chercher à avancer ensemble sur plusieurs dossiers, notamment le conflit syrien qui a fait plus de trois cent soixante-dix mille morts depuis 2011, a poussé à la fuite des millions de personnes et morcelé le pays.

Sans doute l'un des sujets de tensions les plus anciens entre les deux pays, cette crise avait connu une accalmie avec la signature en 2015 de l'accord avec Téhéran sur son programme nucléaire. Quant au dossier nucléaire nord-coréen, il a dit que Moscou et Washington avaient les " mêmes objectifs " bien que la rencontre chaleureuse entre Vladimir Poutine et Kim Jong Un, fin avril, ait contrasté avec le fiasco du sommet de Hanoï avec Donald Trump en février. Venezuela, Iran, Syrie, Ukraine, désarmement. les points de discorde ne manquent pas et c'est en terrain miné que Mike Pompeo va devoir jouer un numéro d'équilibriste, entre sa fermeté martelée et la volonté de rapprochement de son patron, Donald Trump.

Du Venezuela aux traités de désarmement, la liste des désaccords reste très longue entre les deux puissances rivales et aucune percée n'a été annoncée mardi.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo arrive à Sotchi le 14 mai 2019. Si la Russie s'ingère dans la présidentielle de 2020, "cela aggraverait encore notre relation", a lancé M. Pompeo, demandant à la Russie de "démontrer que ce type d'activités appartient au passé".

"Les faits montrent que ceux qui montent ce sujet en épingle n'ont pas de preuves", a sèchement répliqué Sergueï Lavrov. Le chef du Kremlin, qui accueillait un haut responsable américain pour la première fois depuis que les conclusions du procureur spécial Robert Mueller sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle américaine de 2016 ont été partiellement publiées, s'est voulu optimiste. Pour le conseiller présidentiel, celui-ci ne cédera jamais à la pression des autres nations. Trump a dit lundi qu'il projetait de voir Poutine en marge du sommet du G20 à Osaka (Japon) en juin.

Lundi soir, le quotidien new-yorkais avait rapporté que le ministre américain de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, avait présenté la semaine dernière, lors d'une réunion avec des conseillers à la sécurité nationale de M. Trump, un plan selon lequel jusqu'à 120.000 hommes pourraient être envoyés au Moyen-Orient si l'Iran attaquait des forces américaines.

La suspension récente des Etats-Unis, imités par la Russie, de leur participation à un traité de la Guerre froide interdisant les missiles sol-sol d'une portée de 500 à 5.500 km a fait craindre le retour à une course aux armements, d'autant que Vladimir Poutine a multiplié ces derniers mois les déclarations sur les capacités des nouvelles armes russes.

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