L'avortement sous la menace d'une profonde remise en cause — Etats-Unis

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Depuis le début de l'année, plus de la moitié des 50 États américains ont mis en place des règles limitant l'accès à l'avortement, selon l'Institut Guttmacher qui défend le droit des femmes à l'IVG.

"Mon but [.] est de faire casser Roe v. Wade et que cette décision revienne aux États afin que nous puissions faire nos propres lois, avec des amendements, qui règlent ces questions", a affirmé l'élue républicaine de l'Alabama Terri Collins, à l'origine du texte, après son adoption mardi soir.

"Vous venez de violer vous-même l'État de l'Alabama", a déclaré Bobby Singleton, membre démocrate du Sénat, après le rejet par les sénateurs d'un amendement demandant des exceptions à l'interdiction de l'avortement. Le texte, que le Sénat contrôlé par les républicains a transmis au cabinet de la gouverneure républicaine de l'Etat Kay Ivy en vue de sa promulgation, ne prévoit pas d'exception en cas de viol ou d'inceste.

Le Kentucky et le Mississippi ont ainsi interdit les avortements dès que les battements du cœur du foetus sont détectables, soit environ à la sixième semaine de grossesse. Le projet avait été adopté début mai par la Chambre des représentants de l'Alabama.

Les médecins pratiquant l'avortement seront passibles de peines de prison de 10 à 99 ans, sauf en cas d'urgence vitale pour la mère ou d'"anomalie létale" du foetus. Donald Trump n'est pas contre. Les deux juges qu'il a nommés à la Cour suprême sont notoirement hostiles à l'IVG et quelque vingt-huit Etats, selon Le Monde, ont ces derniers mois réduit le champ de ce droit fondamental des femmes à disposer de leur corps.

Au Kentucky, limitrophe de l'Alabama, la clinique EMW, à Louisville, ultime établissement médical de l'État voit les patientes entrer sous protection physique sous les protestations de militants anti-avortement campant sous les fenêtres.

Ce texte va directement à l'encontre de la décision prise en 1973 par la Cour suprême d'autoriser l'avortement pour toutes les femmes. "Nous attaquerons en justice pour empêcher que cette loi ne prenne effet". S'agissant de l'Alabama, elle appelle désormais à une grève du sexe.

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