Julian Assange poursuivi pour viol: la justice suédoise rouvre l'enquête

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L'enquête pour viol contre le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a été rouverte par le parquet suédois, lundi.

" J'ai décidé aujourd'hui de rouvrir l'enquête ", a annoncé la directrice adjointe du service des poursuites pénales de Suède, Eva-Marie Persson, lors d'une conférence de presse tenue lundi matin, à Stockholm.

Julian Assange est désormais incarcéré à Londres où il lutte contre son extradition vers les États-Unis, après avoir été délogé le 11 avril, avec l'autorisation de Quito, de l'ambassade d'Équateur, où il se trouvait depuis 2012.

Lundi, la justice suédoise a annoncé la réouverture de l'enquête pour viol contre Julian Assange.

En 2012, l'Australien, qui faisait l'objet de poursuites en Suède pour viol, s'était réfugié dans l'ambassade d'Équateur à Londres pour éviter d'être extradé vers la Suède d'abord et ensuite vers les États-Unis, qui le réclament pour "piratage informatique", punissable de cinq ans de prison. Interrogé par RT France sur ce nouvel épisode judiciaire, Kristinn Hrafnsson, rédacteur en chef de WikiLeaks, a affirmé en préambule de son intervention que Julian Assange profiterait de cette occasion pour "blanchir son nom".

Âgée d'une trentaine d'années à l'époque des faits, la plaignante avait rencontré Julian Assange lors d'une conférence de WikiLeaks à Stockholm. Cette décision "n'était pas fondée sur un manque de preuves, mais sur les circonstances qui entravaient l'enquête", a souligné la procureure suédoise adjointe. Elle accuse l'Australien d'avoir engagé un rapport sexuel dans la nuit du 16 au 17 août 2010, pendant qu'elle dormait et sans préservatif, alors qu'elle lui avait à plusieurs reprises refusé tout rapport non protégé. Dans la première affaire, le délai de prescription avait été atteint en 2015.

Julian Assange a toujours soutenu qu'elle était consentante et avait accepté de ne pas utiliser de préservatif.

Pour l'avocate de la plaignante, la décision de la justice suédoise "envoie un signal fort". Son plus grand souci, c'est le risque d'extradition aux États-Unis en raison de son travail journalistique.

Toutefois selon le parquet suédois, en "cas de concurrence entre un mandat d'arrêt européen et une demande d'extradition américaine, ce sont les autorités britanniques qui fixent l'ordre de priorité".

En attendant, Assange a été condamné à 50 semaines de prison par un tribunal britannique pour violation de ses conditions de liberté provisoire.

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