Une rencontre Trump-Xi possible au G20 d'Osaka

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Fidèle à son image de personnage politique complètement imprévisible, il n'a pas hésité à passer à l'acte, en mettant à exécution ses vieilles menaces de sévir contre les gros appétits chinois à l'exportation, ordonnant ainsi à son administration de déclencher, sans plus attendre, le processus d'augmentation des droits de douane sur quasiment tout ce qui n'est pas encore déjà fortement taxé parmi les importations américaines en provenance de Chine.

Accueilli sur le perron, le vice-premier ministre chinois Liu He a esquissé un sourire et salué de la main les journalistes, sans toutefois faire de commentaires.

Résultat, les investisseurs semblent douter plus que jamais de la possibilité d'apaiser les tensions qui opposent les Etats-Unis et la Chine, sachant que Pékin signe rarement sous la menace.

A minuit heure de Washington (6h à Bruxelles), l'administration américaine a officiellement porté de 10% à 25% les droits de douane sur 200 milliards de dollars d'exportations chinoises vers les États-Unis. Ceci, alors que du côté de Pékin, comme de celui de Washington, l'on continue à assurer que les négociations bilatérales se poursuivent toujours en vue d'aboutir à un accord commercial.

Ces droits ne s'appliqueront pas aux marchandises déjà en transit maritime vers les États-Unis à travers le Pacifique, ce qui donne un peu de temps aux importateurs américains avant de voir une hausse des prix sur ces marchandises.

Pékin "n'aura d'autre choix que de prendre de nécessaires mesures de représailles", a averti en réponse le ministère chinois du Commerce quelques minutes après l'entrée en vigueur de ces surtaxes.

Cette mesure était suspendue depuis janvier par Donald Trump, pour laisser aux deux parties le temps de discuter dans une plus grande sérénité. Mais le président américain a décidé de la remettre au goût du jour, arguant que les discussions n'allaient pas assez vite et doutant de la bonne foi des négociateurs chinois.

Elle exige la réduction du colossal déficit commercial américain avec la Chine, des "changements structurels", telle que la fin du transfert forcé des technologies, la protection de la propriété intellectuelle américaine, ainsi que la fin des subventions chinoises aux entreprises d'État.

Aucun détail n'a pour l'heure filtré sur l'évolution des discussions, sur les éventuelles nouvelles concessions de la Chine et même sur une prolongation des discussions ce weekend.

Lors d'un discours prononcé à Panama City Beach, en Floride, le président américain a estimé que la Chine avait 'cassé' toute possibilité d'un accord commercial.

Le président républicain se sent en position de force pour négocier, encouragé par les bons indicateurs économiques américains.

Pour autant, le gouvernement chinois se sent, lui aussi, conforté par les mesures prises pour stimuler son économie.

"La Chine ne capitulera pas face à la pression et nous avons la détermination ainsi que les moyens de défendre nos intérêts", a d'ailleurs prévenu le porte-parole du ministère chinois du Commerce, Gao Feng.

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