Glyphosate : des personnalités fichées secrètement au profit de Monsanto

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Plusieurs personnalités et médias français ont porté plainte ou annoncé leur intention de le faire au lendemain de la révélation de l'affaire par le quotidien et France 2.

La multinationale Monsanto, filiale depuis l'an dernier du groupe pharmaceutique allemand Bayer, est accusée d'avoir secrètement fait réaliser des listes par l'agence de communication Fleishman Hillard. "Le devoir d'informer en toute indépendance est au cœur de nos missions de service public". On y retrouve les rédactions de 20 Minutes, l'AFP, France 24, RFI, BFM Business, Ca M'intéresse, Agra Presse, Capa, Doctissimo, France 2, France Inter, France Info, France Bleu, La Croix, La Tribune, Le Magazine de la Santé (France 5), Le Monde, Les Echos, Libération, Le Parisien, Ouest France, RMC, RTL, Santé Magazine, Science et Vie, Science et Avenir, Slate, Sud Radio, Terra Eco, La Vigne, TF1, Reuters, Top Santé, le JDD, L'Usine Nouvelle ou encore une journaliste à l'origine d'une enquête à charge contre Monsanto, Marie-Monique Robin.

Sur ces fiches, des données personnelles mais aussi leur position personnelle sur les pesticides et notamment le glyphosate, herbicide qui a fait beaucoup parlé de lui dernièrement.

Selon une personne familière du secteur, il est courant pour une agence de communication de faire une liste des journalistes et personnalités politiques à contacter en indiquant leur position par rapport à un sujet.

Dans un bref communiqué remis à l'AFP, Fleishman Hillard a assuré "respecter les lois en vigueur" et "les plus hauts standards éthiques de conduite".

"Ça en dit long sur les méthodes des lobbyistes: ils font de l'espionnage, de l'infiltration, de l'influence parfois financière j'imagine (.)", a déclaré à France TV Ségolène Royal. De la même manière, les accusations lancées de façon souvent violentes par certains journalistes contre ceux qui ne partagent pas leur détestation et leur hantise du glyphosate (certains n'hésitent pas à lancer des enquêtes traquant les liens d'intérêt supposés de leurs confrères qui seraient pour eux la seule raison de ne pas avoir une peur panique du glyphosate) pourraient redoubler si ceux qu'ils dénigrent avaient le malheur de figurer dans une "mauvaise" case du fichier Monsanto.

Désormais la "guerre économique se mène aussi sur le terrain de l'environnement", a-t-il noté devant quelques journalistes.

Le directeur général de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) Roger Genet, qui figurerait également dans ces fichiers, estime qu'il s'agit d'une "pratique scandaleuse", a-t-on appris auprès de l'Anses. L'Agence, qui a précisé n'avoir pas eu accès aux documents en question, va faire un "signalement auprès du procureur de la République".

Deux ONG anti-pesticides, Foodwatch et Générations Futures, ont aussi annoncé qu'elles préparaient des plaintes. Il est commercialisé sous diverses marques mais la plus connue reste le Roundup de Monsanto.

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