Fichier Monsanto: Ouverture d'une enquête judiciaire sur des soupçons de fichage illégal

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Le Monde, dont les noms de plusieurs journalistes figurent dans ces fichiers, a déclaré l'avoir fait auprès du parquet de Paris, qui a lui-même annoncé l'ouverture d'une enquête, notamment pour "conservation en mémoire informatisée des données à caractère personnel faisant apparaître les opinions politiques et philosophiques d'une personne sans son consentement". Dans le fichier sont indiqués entre autres leur position sur les pesticides, leur niveau de soutien à Monsanto, leurs loisirs, mais aussi leurs adresses et numéros de téléphone, y compris sur liste rouge. "Cela pose un problème de libertés publiques très important et nous avons décidé de porter plainte pour ouvrir ce débat ", a indiqué leur avocat, M François Saint-Pierre. On y retrouve les rédactions de 20 Minutes, l'AFP, France 24, RFI, BFM Business, Ca M'intéresse, Agra Presse, Capa, Doctissimo, France 2, France Inter, France Info, France Bleu, La Croix, La Tribune, Le Magazine de la Santé (France 5), Le Monde, Les Echos, Libération, Le Parisien, Ouest France, RMC, RTL, Santé Magazine, Science et Vie, Science et Avenir, Slate, Sud Radio, Terra Eco, La Vigne, TF1, Reuters, Top Santé, le JDD, L'Usine Nouvelle ou encore une journaliste à l'origine d'une enquête à charge contre Monsanto, Marie-Monique Robin. "Le devoir d'informer en tout indépendance est au cœur de nos missions de service public", a-t-elle écrit sur Twitter.

Le quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France, dont trois journalistes auraient ainsi été fichés, a confirmé vendredi à l'AFP que le journal allait saisir la CNIL, l'agence publique de protection des données Le média se réserve la possibilité, avec les journalistes en question, d'engager une procédure judiciaire.

Selon une personne familière du secteur, il est courant pour une agence de communication de faire une liste des journalistes et personnalités politiques à contacter en indiquant leur position par rapport à un sujet.

"Pour sa défense, FleishmanHillard a assuré " respecter les lois en vigueur " et " les plus hauts standards éthiques de conduite ".

"Nous continuons à assumer très sérieusement cette responsabilité et examinons soigneusement les questions soulevées par certains médias concernant les listes de personnes concernées qui comprennent des informations publiquement disponibles", a poursuivi l'agence de communication.

"Monsanto ne doit pas être le seul à se comporter de cette façon-là".

Désormais la "guerre économique se mène aussi sur le terrain de l'environnement", a-t-il noté devant quelques journalistes.

Il est trop tard pour être naïfs: nous sommes tous fichés!

Deux ONG anti-pesticides, Foodwatch et Générations Futures, ont aussi annoncé qu'elles préparaient des plaintes. Il est commercialisé sous diverses marques, notamment le Roundup.

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