L'arrêt des traitements de Vincent Lambert annoncé par son médecin

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Le 24 avril, le conseil d'État avait validé la décision médicale d'interrompre les traitements de Vincent Lambert en arrêtant l'alimentation et l'hydratation artificielles et en procédant à une sédation profonde et continue. Déclaré en un état pauci-relationnel (un état où l'on suppose un minimum de conscience, contrairement à l'état végétatif), cet ancien infirmier psychiatrique souffre de "lésions encéphaliques irréversibles ", selon le dernier rapport d'experts établi en novembre 2018, il respire sans assistance, ouvre les yeux de temps à autre, mais ne peut plus se nourrir et s'hydrater qu'artificiellement.

En juin 2015, la Cour européenne des droits de l'Homme s'était elle-même prononcée pour un arrêt des traitements.

Comme l'avait fait le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) le 31 janvier, le juge des référés du Conseil d'État a considéré que la poursuite du traitement, "n'ayant d'autre effet que le maintien artificiel de la vie", traduirait "une obstination déraisonnable", clé de voûte de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a indiqué que la France répondrait à la demande du comité, mais qu'elle n'était pas tenue, légalement, de la respecter. C'est l'avocat des parents qui a communiqué cette nouvelle ce samedi. Si cette décision était exécutée, "Vincent Lambert mourrait en quelques jours (.) et le docteur Sanchez pourrait remettre à Viviane Lambert un fils mort pour la fête des mères le 26 mai prochain", ont-ils affirmé. Nous en appelons dès à présent au Défenseur des droits, chargé de veiller à l'application stricte de la Convention internationale des droits des personnes handicapées. C'est d'ailleurs le cas, explique-t-il, des décisions de tous les comités des Nations unies (celui des droits de l'homme par exemple).

Voici 11 ans que Vincent Lambert, corps souffrant, privé de paroles, est cloué sur son lit d'hôpital à la suite d'un grave accident de voiture qui l'a rendu tétraplégique.

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