L'introduction en bourse du leader mondial des VTC sera mouvementée — IPO d'Uber

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L'introduction en Bourse (IPO) d'Uber est la plus attendue aux États-Unis depuis celle de Facebook sept ans plus tôt. Le leader mondial de la réservation de voitures avec chauffeur a fixé son titre à 45 dollars (40 €), ce qui le valorise à 82,2 milliards de dollars (73 milliards d'euros), si l'on ajoute les titres réservés aux banques pilotant la transaction.

L'opération permet en outre au groupe américain, qui sera coté au New York Stock Exchange sous le symbole UBER, de lever 8,1 milliards de dollars d'argent frais.

Après des années de croissance rapide mais très mouvementée, marquée par des scandales qui ont durablement terni son image, l'arrivée à Wall Street d'Uber, leader du secteur et marque célèbre dans de nombreuses régions du monde, est extrêmement attendue dans les milieux financiers et le secteur des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC).

L'introduction en bourse d'Uber a eu lieu dans le contexte de turbulences sur les marchés financiers alimentées par le différend commercial entre la Chine et la Chine et avant la chute du cours de l'action de Lyft Inc., qui avait chuté de 23% par rapport à l'introduction en bourse à la fin du mois de mars.

Uber vise une valorisation boursière comprise entre 80,5 milliards et 91,5 milliards de dollars lors de son IPO. Depuis, sa valeur a diminué de 15 %. Il possède encore 8,6 % du capital et se trouve donc à la tête d'une fortune en actions de 7 milliards de dollars.

► Qu'est-ce que cela va changer pour Uber? Uber pourra désormais investir dans d'autres sociétés ou en acquérir par le biais d'échange de titres.

Uber a perdu 3,03 milliards de dollars en 2018 et a annoncé une perte nette part du groupe d'environ un milliard de dollars au premier trimestre 2019, sur un chiffre d'affaires d'environ 3 milliards.

► L'entreprise est-elle toujours réputée pour les mauvaises conditions de travail des salariés?

"Il est très difficile de gagner sa vie", déplorait Kevin Killelea devant le bâtiment new-yorkais qui abrite les bureaux d'Uber et de Lyft. Le large mouvement de grève a aussi touché Montréal et Londres. Les raisons principales restent les mêmes: une mauvaise rémunération et le manque de protection sociale. À San Francisco, une manifestante portait une pancarte pour dénoncer ce que les actionnaires d'Uber pourraient encaisser: " Jeff Bezos (patron d'Amazon, NDLR) = 400 millions de dollars, Dara Khosrowshahi (actuel patron d'Uber, NDLR) = 10 millions, Travis Kalanick (fondateur et ancien PDG, NDLR) = 6 millions", par opposition aux " Chauffeurs = 0 dollar ".

Parmi les défis auquel sera confrontés le géant des VTC figurent une concurrence féroce, de possibles évolutions réglementaires, ainsi que ses relations avec ses chauffeurs.

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