De la grève des urgences à la grève générale — AP-HP

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Sont notamment concernés les hôpitaux Lariboisière, la Pitié-Salpêtrière, Saint-Louis ou encore Tenon qui rejoignent tous les quatre l'hôpital Saint-Antoine, déjà en grève depuis le 18 mars. Les patients attendent trop, sont mécontents et finissent par s'énerver.

Les grévistes demandent la création de postes d'infirmiers et d'aide-soignants, le remplacement systématique des congés maladie et de maternité, une augmentation de salaire à hauteur de 300 euros nets mensuels et l'amélioration de conditions de travail, y compris l'internalisation par l'AP-HP d'un personnel de sécurité que soit formé spécialement à l'intervention dans un milieu hospitalier avec une population fragilisé et en souffrance. Chose rare, il a été déposé par les huit principaux syndicats (CGT, SUD, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa, SMPS), qui réclament "de voir s'ouvrir de véritables négociations". "Mais il manque 700 postes pour assurer la sécurité des patients", réplique l'urgentiste Cgt Christophe Prudhomme.

Mais on ne pourrait être qu'au début d'une crise dont certains espèrent qu'elle aboutisse à de grandes avancées pour tous les agents de l'AP-HP. "La fréquentation des urgences n'a cessé d'augmenter".

A l'AP-HP, où les passages aux urgences ont augmenté de 3% par an en moyenne entre 2015 et 2018, le temps d'attente moyen des patients non hospitalisés a crû de 21 minutes pour atteindre 3H18 dans les services adultes. Cette situation intenable dans laquelle les gouvernements successifs ont mis la santé publique à coups de réductions de budgets, a été mise en évidence tragiquement le 17 décembre dernier, lorsqu'une femme de 55 ans a été retrouvé morte sur un brancard près de 12 heures après son admission, aux urgences de l'hôpital parisien Lariboisière. L'accueil des patients se fera normalement cependant et c'est "tout à l'honneur des personnels de faire fonctionner les urgences et le service public malgré leur contestation", souligne dimanche sur franceinfo Patrick Pelloux, urgentiste et président de l'Association des médecins urgentistes de France.

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