De l’armement français utilisé au Yémen, confirme une note du renseignement militaire

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Les Caesar "appuient les troupes loyalistes et les forces armées saoudiennes dans leur progression en territoire yéménite ". Sollicitée par les sénateurs, la ministre des Armées pourrait aussi avoir à répondre devant la commission de la Défense de l'Assemblée des révélations contredisant la version gouvernementale sur l'utilisation d'armes françaises par l'Arabie saoudite contre des civils au Yémen. "Une carte de la DRM, intitulée " population sous la menace des bombes ", estime que " 436.370 personnes " sont " potentiellement concernées par de possibles frappes d'artillerie ", notamment celles de 48 canons Caesar, produits par le français Nexter. Mais Disclose soutient, images satellite et vidéos à l'appui, qu'en " en novembre 2018, les chars français (ont été) au cœur de la bataille d'Al Hodeïda " qui a fait 55 victimes civiles, selon l'ONG américaine Acled. Elle a été réaffirmée lundi 15 avril par les services du premier ministre: " À notre connaissance, les armes françaises dont disposent les membres de la coalition sont placées pour l'essentiel en position défensive, à l'extérieur du territoire yéménite ou sur des emprises de la coalition, mais pas sur la ligne de front ".

Dans les airs, des Mirage 2000-9 "opèrent" également au Yémen, selon la note. Quant au pod de guidage laser français Damoclès (Thalès), il "pourrait être employé au Yémen", suggère la DRM. Sébastien Nadot note encore que deux navires de fabrication française participent au blocus naval mis en place par la coalition et dresse donc un constat amer: "Il y a du matériel français qui sert à affamer les populations yéménites".

"Pour ce qui est du Yémen, Matignon, interrogé dans l'enquête de Disclose, affirme ne " pas (avoir) connaissance de victimes civiles résultant de l'utilisation (d'armes françaises) sur le théâtre yéménite ".

Plusieurs personnalités politiques françaises de gauche ont appelé l'exécutif à faire preuve de "transparence", certains dénonçant "un mensonge d'Etat".

Nouvelles livraisons prévues de 2019 à 2024 Les exportations d'armes vers l'Arabie saoudite se poursuivent, révèle par ailleurs le site, qui publie des documents liés à un nouveau contrat signé en décembre dernier avec l'Arabie saoudite, courant jusqu'en 2023. Dans ce contexte, l'Arabie Saoudite pour l'Etat français est un allié aussi important qu'il est embarrassant: une source immense de profit, à la mesure de la longueur de la fissure qu'il inflige à la vitrine mal en point de la France comme " pays des droits de l'homme ".

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