Qui est Katie Bouman, l'ingénieure derrière la célèbre "photo" du trou noir ?

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Ce mercredi 10 avril 2019, la première photographie d'un trou noir, tant attendue par la communauté scientifique, a été dévoilée sur la toile. Pour la première fois, l'humanité a pu observer la véritable image d'un trou noir, ou plutôt l'image du disque de concrétion lumineux qui entoure le trou noir et marque la zone dite de l'horizon de l'évènement (au delà de laquelle plus rien n'est visible puisqu' "absorbé " par le trou noir justement). Sur Twitter, un des comptes officiels du MIT a mis en ligne la photo de la chercheuse, submergée par l'émotion en découvrant la première capture du trou noir.

Une équipe internationale de 200 scientifiques (projet Event Horizon Telescope) a été mobilisée pour capturer l'ombre d'un trou noir supermassif, baptisé M87*, soit la preuve la plus directe de l'existence de ce mystérieux objet céleste.

La volume de données était tel qu'il a fallu réunir physiquement l'ensemble des disques durs, soit plusieurs centaines de kilos de matériel, en un même lieu, à Westford (Massachusetts), où se trouve l'observatoire Haystack dépendant de l'université scientifique Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Une photo accolée à celle de Margaret Hamilton, une autre illustre étudiante de l'institution, qui conçut jadis le système embarqué du programme spatial Apollo. "Pendant l'année écoulée", a raconté la chercheuse au quotidien américain, "nous avons en gros dû nous taire" à propos du travail de réalisation de l'image. "Je n'ai même pas encore pu en parler à ma famille". Après un mois de travail, les quatre groupes ont présenté leurs résultats aux autres. L'Américaine a travaillé derrière l'algorithme qui a permis la conception de cette "photo", qui, en fait, n'en est pas vraiment une.Un algorithme en guise de télescope géant "La conception de cette image vient des efforts d'une équipe internationale de chercheurs, d'un télescope (virtuel) de la taille de la Terre, et d'un algorithme qui assemble l'image finale ", détaille-t-elle dans une conférence diffusée en 2017.

Pour s'assurer que l'image du trou noir ne s'appuyait pas sur une reconstitution erronée, le centre d'astrophysique de Harvard-Smithsonian, qui dépend de l'université d'Harvard (Massachusetts), a formé quatre équipes différentes. "Quand j'ai vu que toutes les équipes avaient des images très similaires, ça a été le moment le plus heureux que j'aie jamais connu", a expliqué Katie Bouman au Wall Street Journal. "Cela a nécessité le talent incroyable d'une équipe de scientifiques du monde entier", a-t-elle poursuivi, "et des années de dur labeur pour mettre au point cet instrument, le traitement des données, l'imagerie et les analyses techniques nécessaires pour réussir ce qui semblait impossible".

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