Coup d'arrêt pour l'EPR de Flamanville : travaux et nouveaux retards en vue

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EDF a présenté à l'ASN en juillet 2018 sa stratégie de traitement des écarts précités, qui prévoit la remise en conformité des soudures concernées, à l'exception des 8 soudures de traversée d'enceinte qui seraient maintenues en état après justification.

Le feuilleton des retards de l'EPR de Flamanville risque de s'enrichir d'un nouvel épisode, les experts de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) estimant qu'EDF devait y engager des travaux complexes à la suite de problèmes de soudures.

Si EDF doit effectivement reprendre ces soudures, le chantier de l'EPR connaîtra vraisemblablement de nouveaux retards.

Ces experts jugent que la première option pour EDF est de "réparer ces huit soudures pour les mettre en conformité", indique l'ASN dans une note d'information publiée jeudi.

Principal sujet évoqué: les huit soudures qu'EDF considérait ne pas avoir à refaire sur l'EPR de Flamanville (Manche), afin de tenir les délais du chantier, qui doit être livré pour chargement du combustible à la fin de l'année 2019.

Originellement, l'EPR devait être opérationnel en 2012 et coûter 3,3 milliards d'euros. Mais elle a fait savoir qu'elle "prendra prochainement position sur la démarche proposée par EDF": elle ne devrait pas le faire avant mai ou juin, le temps de nouvelles négociations en coulisse avec l'électricien, sous l'œil vigilant de l'Etat, qui détient 83 % du groupe et s'inquiète pour l'avenir de toute la filière nucléaire et de ses dizaines de milliers d'emplois.

"Maintenir en l'état ces soudures ne peut pas être conforme à l'exigence d'exclusion de rupture et il faut donc réparer", selon les conclusions du groupe d'experts citées par la source interrogée par Reuters. Il touche au total 150 soudures sur les circuits de tuyauteries servant à alimenter en eau cette grosse bouilloire nucléaire et surtout à évacuer la vapeur qui en sort vers la turbine produisant l'électricité.

Les mardi 9 et mercredi 10 avril 2019, l'Autorité de Sûreté Nucléaire a réuni son groupe permanent d'experts pour les équipements sous pression nucléaire. Un travail qui se compte "en mois à chacune des étapes, et donc au total en années".

Dans un communiqué, EDF a confirmé que les réparations préconisées "pourraient impacter le calendrier de mise en service et le coût de construction de l'EPR de Flamanville", ajoutant poursuivre ses échanges avec l'ASN.

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