Report du Brexit: Theresa May s'explique aux Communes

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Initialement prévu le 29 mars, la date du retrait du pays a déjà été une première fois reportée au 12 avril, les députés britanniques ayant rejeté à trois reprises l'accord de retrait négocié entre le gouvernement et la Commission européenne.

"Que le peuple britannique ait choisi de tracer sa route seul, c'est de mon point de vue une erreur, mais c'est sa liberté", écrit-il dans une tribune mise en ligne jeudi sur le site des Echos, en critiquant "l'irresponsabilité" et les "mensonges" des promoteurs du Brexit, mais aussi l'action des Britanniques au sein de l'Union européenne en fonction de leur seul intérêt. Mais en fait, les membres de l'Union ont coupé la poire en deux entre les partisans d'un report beaucoup plus large et ceux, comme la France, qui voulaient accélérer les choses.

Personne ne souhaite un Brexit dur, une sortie brutale du Royaume Uni de l'Union européenne sans accord ni période de transition, pas plus les entreprises que les dirigeants européens.

Le président français Emmanuel Macron a salué l'accord des 27 à Bruxelles sur le report du Brexit au 31 octobre comme "le meilleur compromis possible", qui a "permis de préserver l'unité des 27".

Si le Royaume-Uni devait manquer à ses obligations s'agissant des élections européennes, un no deal Brexit à la date du 1 juin 2019 serait constaté.

Le Brexit aura un impact sur la composition du Parlement européen. Auquel cas, si l'accord de divorce passe l'étape du Parlement au cours du mois de juin, les Britanniques sortiront de l'UE le 1er juillet. Selon cette formule, acceptée par la Première ministre, le Brexit est donc repoussé de six mois et demi, mais avec la possibilité pour le Royaume-Uni de quitter l'UE dès que l'accord de sortie, ou qu'une alternative satisfaisante pour les deux parties, est approuvé.

La dirigeante conservatrice a dans ce but entamé la semaine dernière des discussions avec le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn.

Dominique Strauss-Kahn, ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), plaide pour un Brexit rapide si les Britanniques devaient refuser de voter l'accord sur la table, alertant sur "le coût des tergiversations".

"Il appartient aux Britanniques de décider d'organiser ou non des élections européennes: s'ils n'en organisent pas, ils quitteront l'Union européenne le 1er juin, sinon ils quitteront le Parlement européen lorsque le Royaume-Uni sortira", explique la secrétaire d'État Amélie de Montchalin. L'option d'un référendum a timidement été évoquée par le Parti travailliste lors de ses discussions avec le gouvernement, mais celui-ci a répété qu'il s'y opposait.

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